Abi (The Voice 2020) : “La musique a été un gros refuge” (EXCLU)

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C’est parti pour l’avant-dernière étape de The Voice. Ce samedi 6 juin 2020, la compétition reprend après une longue interruption due à l’épidémie de coronavirus. Les téléspectateurs pourront enfin décider du sort des douze demi-finalistes du programme de TF1, dont fait partie Abi. Jeune homme de 22 ans à la sensibilité extraordinaire, il a tout de suite plu aux coachs par sa douceur et sa voix angélique. C’est finalement auprès de Pascal Obispo qu’il aura décidé de poursuivre son aventure. Interview.

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Comment avez-vous vécu l’arrêt de l’émission à cause du confinement ?

Je l’ai pris avec beaucoup de recul. Il y a plein de choses qui ont drastiquement changé dans notre manière de vivre et on ne pouvait rien y faire si ce n’est attendre. Au final, ça a fini par arriver, heureusement.

Une déception vis-à-vis de l’absence du public ?

C’est vrai que c’est frustrant, d’autant que l’accent avait été pas mal mis sur le fait que la demi-finale se déroulerait au Palais des Sports. Ça n’a pas été possible, mais on a tous été très compréhensifs et on est content que ça se passe tout simplement, alors que ça aurait pu ne pas se finir du tout. Donc on est très heureux.

Comment s’est passé le confinement pour vous ?

Il y avait un petit peu de travail à distance, pas mal de musique, j’ai écrit et composé, sait-on jamais. Sinon, j’ai essayé de prendre du temps pour moi. Mettre en pratique aussi ce que j’ai appris avec l’émission, techniquement, physiquement… Je suis quelqu’un qui est très rarement satisfait et j’apprends les choses de manière efficace pour ne pas me retrouver à être déçu de moi.

Avez-vous été touché de près ou de loin par le virus ?

Heureusement dans ma famille, il n’y a pas eu de problème. Et puis, on n’a pas bougé, on n’est pas devenu des sportifs aguerris, à faire des footings tous les jours. On est resté à la maison et, de ce fait, on n’a pas été exposé. Mais j’ai toujours été touché par la manière dont les choses se sont déroulées, c’est-à-dire que du jour au lendemain, on ne pouvait plus sortir, etc.

Avez-vous été en contact avec votre coach, Pascal Obispo, pour préparer la demi-finale malgré cette période difficile ?

J’ai eu des nouvelles surtout vers la fin du confinement, après qu’on a eu des informations sur la suite de l’aventure. On a commencé à préparer les choses, j’avais tous les retours de mon coach. On a la chance d’avoir des coachs qui ne sont pas juste là pendant l’émission. On a eu des conseils de leur part, ils nous disaient sur quoi travailler pour revenir de la manière la plus efficace possible et pour qu’on ne soit pas rouillé.

Qu’avez-vous appris avec Pascal Obispo ?

Il m’a beaucoup apporté sur le côté scénique. À la base, je me cache beaucoup derrière mon piano parce que je suis intimidé, je me dis souvent que je n’y arriverai pas et que je n’ai pas ma place ici. Donc, justement, il m’a beaucoup aidé à me dire que j’étais capable. Et même par rapport aux coachings vocaux, il y a des choses que j’ai appris à faire et que j’ai pu continuer à travailler pendant le confinement pour que ça devienne le plus naturel possible.

Quand Pascal Obispo dit qu’il en veut encore plus de votre part et que vous ne donnez pas assez, est-ce que vous comprenez ce qu’il veut dire ?

Sur le coup, pour être honnête, je ne comprenais pas, ça m’a perturbé. Je me demandais s’il ne me surestimait pas un peu, si j’étais bien à la hauteur de ses espérances… Et à force de travail, je me suis rendu compte qu’il y a avait plein de choses que je pouvais encore faire, mais c’est moi qui m’empêchais de les faire, c’est là toute la différence. Donc j’ai simplement arrêté de me mettre des bâtons dans les roues. Par exemple, sur ma chanson de la demi-finale, il y a une note qui ne passe pas, mais elle ne passe pas quand je me dis que ne réussirai pas à la faire. Et quand je n’y pense pas, ça passe sans problème.

Cette timidité, c’est aussi ce qui fait partie de votre charme…

C’est vrai que par rapport aux retours que j’ai eus, on m’a beaucoup dit que ce n’était pas grave et qu’il fallait que je reste comme ça. Mais comme Pascal Obispo disait, je ne peux pas me cacher sur scène et je me dois d’assumer ma place. Ça ne m’empêche pas pour autant de garder mon essence et toutes ces choses qui me caractérisent.

Le confinement a-t-il modifié votre approche de la demi-finale ?

Je pense que oui dans le sens où je me suis dit ‘oulala, ça va vraiment arriver’. Le fait d’être sorti de tout ça, ça nous a permis de retarder l’échéance, et ça nous a laissé le temps de nous préparer mentalement sans qu’on s’en rende vraiment compte non plus. Ça avait l’air difficilement imaginable.

Quels sont les candidats que vous redoutez le plus ?

Je n’aime pas trop parler de “redouter” parce que, c’est fou à dire, mais je n’en vois aucun comme un ennemi. On est tous des alliés, on se répète souvent d’ailleurs que la victoire de l’un de nous serait la victoire de nous tous. Je les admire tous énormément et quand j’entends leurs prestations, plutôt que d’avoir peur, je me sens reconnaissant d’avoir ma place au milieu d’artistes aussi incroyables et talentueux. Je suis fier d’eux et j’ai hâte de savoir ce que le public va penser.

Vous avez évoqué dans une précédente interview le handicap de votre soeur, c’était important pour vous d’en parler ?

Pour moi, ça explique pas mal de choses vis-à-vis de qui je suis, ce qui émane de moi, tout ce côté câlin, très affectif, peut-être empathique que j’ai. Dans ce que je fais, j’exprime toujours beaucoup de douceur et, pour moi, on est construit par ceux qui nous entourent. C’est pour ça que ma soeur est pour une grande partie dans ce que je suis. Après, je n’ai pas nécessairement besoin d’en parler tout le temps, mais c’était pour expliquer pourquoi j’étais comme ça.

Que lui est-il arrivé ?

Elle n’a pas eu beaucoup de chance. Elle a eu une méningite à l’âge de 1 an, qui a attaqué ses neurones et a laissé des séquelles, ce qui fait qu’elle ne voit pas et ne parle pas. Elle est paralysée du côté droit, elle est épileptique, elle a eu des soucis à la hanche, ce qui fait qu’elle est en fauteuil roulant et qu’elle ne peut pas marcher. C’est pour ça que, dans mon portrait, je disais que je vivais un peu pour nous deux.

La musique vous a aidé à traverser ces périodes difficiles ?

C’est vrai que ça n’a pas été évident du tout. La musique, ça a été un gros refuge. Je me souviens de jours où ça n’allait pas, je jouais de la musique toute la nuit parce que c’est la seule chose qui m’apaisait et qui me faisait penser à autre chose. On peut vite se laisser submerger par nos pensées et, à ce moment-là, ça devient néfaste. Donc la musique m’a permis de m’échapper.

Comment envisagez-vous l’après-The Voice ?

Je suis obligé d’y penser (rires). Ça me paraissait un peu lointain, mais ça arrive vraiment, là. Je me prépare en écrivant et en composant pas mal. Je le faisais beaucoup en anglais, mais je suis conscient qu’il faut que je le fasse en français, donc j’apprends. Je prépare la suite au cas où un album devrait arriver, j’aurai des titres à proposer, ma patte à mettre, du moins je l’espère. Et si quelqu’un veut découvrir mon univers musical, peut-être que ce sera possible. En tout cas, j’en serai heureux et ce serait une des plus belles choses qui puissent m’arriver.

Comment gérez-vous votre notoriété naissante ?

Je ne m’attendais pas à autant ! Par moments, je suis même dans l’incompréhension. J’ai tendance à aimer rester caché, c’est pareil sur les réseaux sociaux, je ne poste pas énormément alors qu’il y en a pour qui c’est une seconde nature de faire des stories. Pour moi, c’est quelque chose de très compliqué et ça me demande beaucoup d’efforts. J’ai dû prendre du recul parce que c’est assez particulier à vivre et j’ai même arrêté de poster pendant le confinement. Je ne voulais pas être absorbé par l’engouement et devenir une machine. Mais même malgré ça, les messages continuaient à venir ! C’est pour ça que je parle d’incompréhension. J’essaye de garder mes distances, pour me protéger aussi parce que je reste lucide. Je me dis que je suis dans une émission où il y a beaucoup de visibilité, mais je suis conscient que ça peut redescendre après. Je me prépare aussi à ça, je n’ai pas envie d’avoir de désillusion. Je garde les pieds sur terre tout en appréciant ce qui m’arrive parce que c’est super de pouvoir partager avec les gens, d’avoir leur soutien. Ils m’apportent beaucoup de bienveillance alors qu’ils ne sont pas obligés. Je m’estime très chanceux d’avoir droit à ça.

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