Accusations d’Adèle Haenel : Christophe Ruggia nie et raconte sa version

0
160

Trois jours après l’enquête publiée par Mediapart et deux après la longue interview mise en ligne d’Adèle Haenel, le réalisateur Christophe Ruggia a décidé de sortir du silence.

À lire aussi

Dans une lettre recommandée adressée directement à Edwy Plenel, le cofondateur de Mediapart, dans laquelle il “réfute catégoriquement” les faits dont il est accusé, à savoir les “attouchements” et le “harcèlement sexuel” qu’elle assure avoir subis entre 12 et 15 ans.

Il dit avoir “commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite”. Évoquant “une emprise du metteur en scène à l’égard de l’actrice”, il ajoute : “À l’époque, je n’avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c’est le cas et si elle le peut, je lui demande de me pardonner.”

Plus loin dans sa lettre, le réalisateur des Diables rappelle qu’il abien conscience du peu de poids que [ses] propos vont avoir” et comprend quel’étroitesse de la relation” qu’il entretenait avec cette adolescente suffit à l’accabler : “Mon exclusion sociale est en cours et je ne peux rien faire pour y échapper.”

Enfin, il accuse la presse pour des méthodes qu’ils considèrent comme venues d’un autre temps : “Le Moyen-Âge avait inventé la peine du pilori, mais c’était la sanction d’un coupable qui avait été condamné par la justice. Maintenant, on dresse, hors de tout procès, des piloris médiatiques tout autant crucifiants et douloureux et, aujourd’hui, c’est à mon tour de les subir.”

Le parquet de Paris a annoncé mercredi 6 novembre l’ouverture d’une enquête sur des faits d'”agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité” et de “harcèlement sexuel”. Cette enquête a été confiée à l’Office central de la répression de la violence faite aux personnes (OCRVP). Bien que le délai de prescription ne soit pas atteint, à ce jour, Adèle Haenel n’a toujours pas souhaité porter plainte.

Rappelons que Christophe Ruggia est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.