Adèle Haenel accuse un réalisateur d'”attouchements et de harcèlement sexuel”

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Le mouvement #MeToo, lancé il y a deux ans aux États-Unis par plusieurs personnalités médiatiques – visant à libérer la parole des femmes victimes de divers comportements déplacés –, avait eu un écho moindre, mais pas totalement inexistant en France. L’actrice Adèle Haenel sort à son tour du silence pour porter de graves accusations.

C’est auprès du site Mediapart – déjà aux origines de “l’affaire Baupin” – que l’on peut découvrir les accusations portées par l’actrice révélée dans le film Naissance des pieuvres de Céline Sciamma en 2007. Adèle Haenel, aujourd’hui âgée de 30 ans, accuse le réalisateur Christophe Ruggia, qui lui avait fait tourner son tout premier film intitulé Les Diables en 2002, “d’attouchements” et de “harcèlement sexuel“. Elle était alors adolescente et avait entre 12 et 15 ans au moment des faits supposés lorsqu’elle incarnait pour le film le personnage de Chloé.

Adèle Haenel, auréolée de deux César pour les films Suzanne en 2014 et Les Combattants en 2015, a déclaré à Mediapart : “Je ne bougeais pas, il m’en voulait de ne pas consentir. (…) Je suis vraiment en colère. Je veux raconter un abus malheureusement banal et dénoncer le système de silence et de complicité qui, derrière, rend cela possible.

Le témoignage de la star s’ajoute à une enquête minutieuse longue de sept mois au cours de laquelle pas moins d’une trentaine de personnes ont été interrogées. Parmi elles, la régisseuse générale du film, Laëtitia. “Les rapports qu’entretenait Christophe avec Adèle n’étaient pas normaux, a-t-elle confié. On avait l’impression que c’était sa fiancée. On n’avait quasiment pas le droit de l’approcher ou de parler avec elle, parce qu’il voulait qu’elle reste dans son rôle en permanence. Lui seul avait le droit d’être vraiment en contact avec elle. On était très mal à l’aise dans l’équipe.

Le réalisateur Christophe Ruggia (54 ans), qui a également réalisé le film Dans la tourmente en 2012, a refusé de répondre aux questions de Mediapart, mais nie les faits qui lui sont reprochés par la voix de ses avocats. Ainsi, il “réfute catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d’attouchement sur cette jeune fille alors mineure“.