Ademo (PNL) arrêté : jugé en janvier, ce qui est reproché au rappeur

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En ces temps de tensions avec les forces de l’ordre, la récente interpellation du rappeur Ademo ne risque pas d’arranger les choses. Mais, sur la Toile, chacun montre et commente ce qu’il veut. Le journal Le Parisien relate l’arrestation de l’artiste de 33 ans du point de vue des forces de l’ordre. Et les choses ne sont pas totalement les mêmes que sur Twitter… Il devra répondre de trois chefs d’accusation : usage de stupéfiants, outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique et rébellion. Il sera jugé en janvier prochain.

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Vous ne savez pas qui je suis, vous avez de la chance d’être quatre

Samedi 5 septembre 2020, Ademo – de son vrai nom Tarik Andrieu – était arrêté par plusieurs policiers après un contrôle qui a pris une tournure physique, dans le 14e arrondissement de Paris. Filmée par de multiples passants, cette interpellation a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, à commencer par Twitter. Si on reproche aux policiers une arrestation un peu trop musclée, le procès-verbal dressé par les agents donne un autre son de cloche. Après avoir ressenti “une forte odeur caractéristique de cannabis” près d’un homme accompagné d’une femme et d’un enfant en poussette, des policiers se seraient ainsi approchés pour faire un contrôle. Il faut dire que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a décidé d’opter pour la manière forte en annonçant des amendes de 200 euros pour les utilisateurs de stupéfiants.

L’homme en question, qui s’avère donc être Ademo, aurait ainsi jeté la cigarette au sol et refusé de se soumettre à un contrôle. Qualifié “d’agressif“, le rappeur “vocifère, crie, acclame le public et fait de grands gestes nerveux en serrant les poings“, relate le PV consulté par Le Parisien. Bravache, Ademo aurait alors ensuite lancé : “Vous ne savez pas qui je suis, vous avez de la chance d’être quatre. Venez on va à l’abri, je fais des sports de combat et je vous prends un par un, comme des hommes.” Il aurait aussi reproché à un agent de ne pas porter de masque en cette période de pandémie de coronavirus. Des menaces qui n’ont pas intimidé les agents, lesquels décident alors de l’interpeller. Refus catégorique de l’artiste de PNL qui “monte encore plus en pression“.

Wallah, vous avez de la chance, wallah !

L’interpellation s’est poursuivie au milieu des cris et des insultes, sous l’oeil de passants portables à la main. Les choses se sont envenimées lorsque Ademo aurait plusieurs fois mis sa main dans sa sacoche ventrale… qui contenait, selon un policier, un sachet transparent avec du cannabis. Un agent lui aurait demandé de garder ses mains visibles, mais cela a apparemment été la demande de trop pour l’artiste. Il se serait avancé “tête baissée en serrant les poings“, lâchant : “Tu vas faire quoi toi, tu sais pas qui je suis. Wallah, vous avez de la chance, wallah !

De dépit, le chanteur finit par donner son passeport pour se plier au contrôle, mais, dans le même temps, il aurait effectué “un geste rapide de son bras droit et le poing serré” en direction d’un policier. La goutte de trop pour les agents qui finissent par le menotter au sol, alors qu’il se débat et qu’un officier est contraint d’effectuer “une pression avec son genou droit” sur le flanc gauche de Tarik Andrieu pour lui passer la deuxième menotte. Il est ensuite emmené au commissariat du 14e arrondissement, sous les menaces et les insultes. Mais cela ne s’arrête pas là ! En effet, avant d’être placé en garde à vue, il est fouillé et n’aurait rien trouvé de mieux que de proposer à un agent “de se retrouver sur un ring à Levallois-Perret pour un combat de boxe“.

Un policier porte plainte

Le Parisien affirme qu’un brigadier de la Compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris (CSI 75), blessé au genou gauche lors de l’interpellation, a déposé plainte contre Tarik Andrieu pour menace de commettre un crime ou un délit contre une personne dépositaire de l’autorité publique, outrage et rébellion.

Pour l’heure, Ademo reste présumé innocent des faits reprochés jusqu’au jugement définitif de cette affaire.