Affaire Mila: le procès pour cyberharcèlement de 13 personnes s’est ouvert à Paris

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Le procès de treize personnes, jugées pour avoir cyberharcelé, voire menacé de mort, l’adolescente Mila après sa publication en novembre d’une vidéo polémique sur l’islam devenue virale, s’est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.

L’audience a débuté peu avant 14H00 avec l’évocation par le président du “rituel judiciaire” qui, s’il “peut apparaître un peu désuet à l’heure des réseaux sociaux”, prévoit “que chacun s’écoute, chacun parle au moment où il doit parler”.

Le président a ensuite indiqué que l’après-midi serait entièrement consacré aux nombreux incidents de procédure soulevés par la défense et que le fond de l’affaire ne serait abordé que lors d’une audience ultérieure, sans en préciser la date.

Le tribunal est également saisi de plusieurs demandes de renvoi.

Selon son avocat Richard Malka, Mila “a reçu plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort lui promettant de se faire ligoter, découper, écarteler, lapider, décapiter avec des images de cercueil, des photo-montages de décapitation, de sa tête sanguinolente”.

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“Je ne me remets pas que les 13 personnes qui sont là aujourd’hui soient toutes passées par notre système éducatif et qu’aucune ne sache que la critique des religions, c’est légal et ça n’a rien à voir avec du racisme”, a déclaré Me Malka avant l’audience.

Mila, qui vient de fêter ses 18 ans et qui vit sous protection policière depuis la publication d’une première vidéo critiquant le Coran et l’islam en janvier 2020, est arrivée au tribunal sous une nuée de caméras, sans faire de déclaration.

Cheveux clairs rasés au-dessus des oreilles, vêtue d’un haut rouge et d’un pantalon noir, la jeune femme a pris place sur le banc des parties civiles.

Mi-novembre, elle avait été victime d’un “raid” numérique après avoir publié sur le réseau social TikTok une nouvelle vidéo dans laquelle elle s’en prenait vertement à ses détracteurs.

Agés de 18 à 30 ans et originaires de toute la France, les prévenus, pour la plupart sans antécédents judiciaires, comparaissent tous pour harcèlement en ligne. Certains sont également renvoyés pour menaces de mort et l’un d’eux pour menace de crime.

Placés en garde à vue en février, mars ou avril, dans le cadre d’une enquête menée par le tout nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne, ces treize jeunes hommes et femmes avaient en grande partie reconnu être les auteurs des messages et dit les “regretter”.

Ils encourent deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende pour les menaces de mort.