Albanie : les secouristes recherchent des survivants après un séisme meurtrier

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Les secouristes albanais fouillaient toujours mardi après la nuit tombée les décombres d’immeubles en ruines à la recherche de survivants du plus puissant séisme dans ce pays des Balkans depuis des décennies, dans lequel au moins 20 personnes ont péri.

Des immeubles se sont effondrés comme des châteaux de cartes sous la violence du tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu avant l’aube, piégeant les victimes sous des montagnes de gravats.

Sous le regard angoissé des habitants, les secouristes passaient au peigne fin les débris d’où s’échappaient parfois les cris de détresse d’habitants encore ensevelis. Quand les sauveteurs parvenaient à extraire des survivants, leurs efforts étaient alors salués par des cris de joie.

Selon un dernier bilan du ministère de la Défense, 20 personnes ont trouvé la mort, pour la plupart dans la ville touristique côtière de Durres, sur l’Adriatique, ainsi que dans la localité de Thumane, au nord de la capitale Tirana.

Tout au long de la journée et jusque dans la soirée, des corps ont été extraits des ruines de ces deux localités.

Dans la ville voisine de Kurbin, un homme d’une cinquantaine d’années s’est tué en sautant paniqué du haut de son immeuble. Un autre homme a péri dans un accident de voiture lorsque la route a été détruite.

Selon le ministère de la Santé, environ 600 personnes légèrement blessées ont été soignées dans divers hôpitaux.

– “Bravo” les secouristes –

Plus tôt dans la journée, à Thumane, les habitants ont appelé les leurs dans les décombres d’un immeuble de cinq étages, –“Mira!”, “Ariela!”, “Selvije!”– dans l’espoir qu’ils soient encore en vie. Les cris de personnes ensevelies s’échappaient des ruines, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Dulejman Kolaveri, 50 ans, a dit craindre pour sa mère de 70 ans et sa nièce de six ans qui vivaient au cinquième étage. “Je ne sais pas si elles sont mortes ou vivantes. J’ai peur pour elles… On entend des voix, Dieu seul sait”.

La scène s’est répétée à Durres, où soldats et policiers tentaient de faire sortir neuf personnes, dont des femmes et des enfants, bloquées dans les décombres d’un immeuble de cinq étages complètement détruit.

“C’est terrible, c’est horrible. On espère qu’ils vont les sortir vivants”, lançait en larmes Astrit Cani, un habitant de 25 ans.

Quarante-deux survivants ont également été secourus, donnant l’occasion à la foule de manifester sa joie. “Bravo, bravo”, lançaient des habitants aux secouristes qui venaient d’extraire un jeune homme des décombres d’un hôtel sur une plage de Durres.

Les autorités ont mobilisé environ 300 militaires. Quelque 1.900 policiers ont également été déployés.

L’Albanie est connue pour son urbanisme sauvage, en particulier dans les zones touristiques.

Beaucoup d’habitants avaient peur de rentrer chez eux, préférant dormir sous une centaines de tentes érigées dans le stade de football de Durres.

– Ressenti à travers les Balkans –

De l’aide est arrivée en provenance de plusieurs pays européens, avec l’envoi d’équipes de secours d’Italie, de Grèce et de Roumanie. Une centaine de civils et militaires envoyés par Paris sont attendus sur place dans les prochaines heures.

Un sismologue albanais, Rrapo Ormeni, a déclaré à la télévision qu’il s’agissait du plus puissant séisme survenu dans la région de Durres depuis 1926.

L’épicentre de la secousse se situait en mer Adriatique, à 34 km au nord-ouest de Tirana, à une profondeur de 10 kilomètres, selon le Centre sismologique euro-méditerranéen.

Ce tremblement de terre a été suivi par de multiples répliques, notamment une de magnitude 5,3, selon cet organisme.

La première secousse a été ressentie à travers les Balkans, notamment à Sarajevo en Bosnie, à près de 400 km, ou encore à Novi Sad en Serbie, à près de 700 km.

La même région d’Albanie avait été secouée en septembre par un séisme de magnitude 5,6, qualifié par les autorités de plus fort tremblement de terre des “20 à 30 dernières années”.

Les Balkans connnaissent une forte activité sismique du fait des mouvements des plaques tectoniques africaine et eurasienne, ainsi que ceux de la microplaque Adriatique. Les tremblements de terre y sont fréquents. En 1963, un séisme avait fait un millier de morts à Skopje.

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