Allemagne: élection à haut risque ce dimanche pour la chancelière Merkel

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Angela Merkel et sa coalition gouvernementale pourraient subir un nouveau revers cinglant dimanche lors des élections de la région de Hesse, qui risquent de fragiliser un peu plus une chancelière usée par 13 ans de pouvoir.

“La Hesse va-t-elle faire exploser la grande coalition” entre conservateurs et sociaux-démocrates qui gouverne à Berlin, se demande dimanche le quotidien le plus lu d’Allemagne, Bild.

“La Hesse vote, Berlin tremble”, lui fait écho le quotidien Süddeutsche Zeitung, en estimant que la chancelière allemande de centre-droit “n’a jamais été autant sous pression” depuis son arrivée au pouvoir en 2005.

Une dégringolade annoncée

Deux semaines après un scrutin catastrophique pour son camp conservateur en Bavière, Angela Merkel pourrait voir le débat relancé sur son avenir en cas de piètre performance dans ce Land, dont Francfort est la capitale.

“Angela Merkel est chancelière depuis 13 ans mais jamais encore elle n’a été politiquement autant sous pression”, résume ce samedi le quotidien Süddeutsche Zeitung

Les dernières enquêtes d’opinion créditent son parti, les conservateurs du CDU, l’Union chrétienne-démocrate, de 26 à 28% des intentions de vote. Si cela venait à se confirmer, cela signifierait une perte de 10 points par rapport au dernier scrutin régional il y a 5 ans. Quant à son partenaire social-démocrate du SPD, la dégringolade pourrait être du même ordre, avec un score attendu de 20 à 21%.

Les premiers sondages sortie des urnes sont attendus à la fermeture des bureaux de vote vers 18 heures. La chancelière ne devrait toutefois s’exprimer que lundi.

Fin de carrière politique pour Angela Merkel?

“Personne ne peut dire à 100% à quel point les choses vont rester stables” après cette élection, a d’ailleurs prévenu la numéro deux du parti CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche de la chancelière.

La menace pour la chancelière est d’autant plus concrète qu’elle affrontera début décembre un vote des militants pour la présidence du parti. Or certains cadres ne font plus mystère en coulisses de la nécessité pour la CDU de changer de cap et de mettre plus la barre à droite face à la montée en puissance de l’extrême droite, ce qu’Angela Merkel n’a fait jusqu’ici qu’avec parcimonie. 

La chancelière, à la tête de la CDU depuis plus de 18 ans, vient d’elle-même d’évoquer de manière détournée la fin de sa carrière politique, jugeant que “tous ceux qui dans le passé ont voulu régler eux-mêmes leur succession ont échoué”. Aucun rival au sein de la CDU ne s’est toutefois ouvertement déclaré jusqu’ici.

Montée des Verts et de l’AfD

Les Allemands apparaissent lassés des conflits récurrents au sein de la coalition, initiés notamment par la CSU, le partenaire bavarois de la CDU, qui tente d’imposer un tour de vis sur l’immigration. 

A l’inverse, les Verts ont le vent en poupe dans les sondages en Hesse et au niveau national après un score flatteur en Bavière mi-octobre. Les sondages leur prédisent 20% à 21% des voix et les Verts rêvent même de conquérir dimanche une seconde région, après le Bade-Wurtemberg qu’ils dirigent depuis 2011 en se montrant extrêmement pragmatiques.

Avec un score attendu autour de 13%, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), né il y a cinq ans seulement, devrait achever son implantation régionale en étant désormais représenté dans les parlements des 16 Länder.              

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