Blessé depuis des mois, Manuel Neuer a longtemps été une énigme. Il est désormais devenu un casse-tête pour le sélectionneur allemand Joachim Löw, qui doit annoncer mardi sa liste provisoire pour la campagne de Russie.

Les amicaux de mars l’ont montré: avec son équipe-type, la Mannschaft peut tenir la dragée haute à n’importe qui (1-1 contre l’Espagne après un match de haute tenue). Mais l’équipe modifiée (sept remplaçants) qui a ensuite perdu 0-1 contre le Brésil a laissé planer de gros doutes sur la qualité du banc.

“Nous avons vu que nous ne sommes pas aussi bons qu’on veut bien le dire. C’était clairement insuffisant de la part de certains”, avait fustigé Toni Kroos après la défaite.

. Gardien: et si Neuer renonçait?

Comme beaucoup de ses collègues, Löw pourrait annoncer une liste élargie, et attendre la date officielle du 4 juin pour retenir les 23 du Mondial. Cette méthode lui permettrait notamment de repousser le difficile choix des trois gardiens de but.

La star Manuel Neuer, capitaine en titre de l’équipe, a repris l’entraînement avec le Bayern mais n’a plus joué depuis septembre et sa deuxième fracture du pied consécutive. Quelle garanties peut offrir un gardien qui n’a disputé que quatre matches (en août/septembre) depuis avril 2017?

Löw devrait cependant le convoquer au stage de préparation, et repousser au dernier moment la décision de le garder ou non. Le seul test possible sera un amical prévu contre l’Autriche le 2 juin.

Derrière lui, Marc-André ter Stegen (Barcelone) donne satisfaction en sélection depuis qu’il s’est imposé comme intérimaire, en juin dernier. Dans l’ordre hiérarchique, le numéro trois est Bernd Leno (Leverkusen), mais Kevin Trapp (Paris SG) aurait sa chance si Neuer renonçait.

. Défense: la deuxième ligne est-elle au niveau?

Jérôme Boateng, le pilier de la défense centrale du Bayern, est blessé aux adducteurs, mais il estime “tout à fait réaliste” de participer au Mondial. Lui aussi devrait donc être du groupe annoncé mardi, avec ses compères de club Hummels et Kimmich, et Hector (Cologne), le quatuor d’indiscutables titulaires.

Fin 2017, Löw avouait un souci à l’arrière: “Pour les postes de latéraux nous n’avons pas tant de joueurs que cela”, disait-il. “A droite, seul Joshua Kimmich est au plus haut niveau international, les autres doivent encore un peu mûrir”.

Emre Can (Liverpool) ou Marvin Plattenhardt (Berlin) sont bien placés, mais ils n’ont pas explosé sous le maillot national.

. Milieu: héros de 2014, Götze vacille

Autour de Gündogan (ManCity), Khedira (Juventus), Kroos (Real Madrid), Draxler (Paris SG) et Özil (Arsenal), quelques places sont à prendre dans le secteur le plus riche de l’équipe d’Allemagne. Connaissant la fidélité de Löw pour les joueurs d’expérience, les médias spéculent sur un retour de Mario Götze, le buteur de la finale 2014 contre l’Argentine, bien qu’il ait fait une saison médiocre à Dortmund, et qu’il n’ait pas été appelé en mars pour les matches contre l’Espagne et le Brésil.

Par ailleurs, le public international découvrira probablement en Russie quelques pépites qui attendent leur chance, comme Julian Brandt (Leverkusen), Leon Goretzka (qui quitte Schalke pour le Bayern Munich) ou Sebastian Rudy (Bayern Munich).

. Attaque: trois avants-centres pour deux places

Timo Werner (Leipzig), depuis la Coupe des confédérations 2017, semble s’être imposé au poste d’avant-centre, en déshérence depuis la retraite de Miroslav Klose. Comme doublure, Joachim Löw aura un choix difficile entre l’expérimenté Mario Gomez (Stuttgart) et l’ambitieux Sandro Wagner (Bayern Munich). Là encore, les deux pourraient être dans la liste mardi mais un seul devrait finalement rester. Le sélectionneur devrait aussi donner sa chance au jeune talent de Manchester City Leroy Sané, un pur dribbleur de 22 ans dynamiteur de défenses.

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