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Asile: coup d’envoi des débats à l’Assemblée, Collomb plaide l'”urgence” à agir

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Asile: coup d’envoi des débats à l’Assemblée, Collomb plaide l'”urgence” à agir

L’Assemblée a entamé lundi soir l’examen du projet de loi asile et immigration, le gouvernement plaidant l'”urgence” à agir avec ce texte controversé qui met la majorité à l’épreuve, et contient pour les oppositions des mesures “laxistes” ou “dangereuses”.

La loi a “trois objectifs majeurs: une immigration maitrisée, un droit d?asile effectif, une intégration réussie”, a affirmé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, à l’ouverture des débats en première lecture.

Dans un hémicycle clairsemé, il a évoqué la “crise migratoire” en Europe et mis en avant la saturation en France des hébergements d’urgence, qui conduit à une situation “indigne des traditions d?accueil de la France, et de plus en plus difficile à vivre pour un certain nombre de nos concitoyens”.

“Il y a donc urgence à réagir face à une situation qui se dégrade d’année en année”, a-t-il plaidé.

Critiqué depuis des mois par les associations, le projet prévoit notamment de réduire à six mois les délais d’instruction de la demande d’asile, pour entamer rapidement le travail d’intégration des réfugiés, et à l’inverse de faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés.

Manifestation des tensions autour des dispositions sur l’asile: la porte du Palais Bourbon a été taguée dans le week-end de l’inscription “accueil de merde”. Cinq personnes ont été interpellées.

Lundi, plusieurs centaines de manifestants se sont aussi rassemblés aux abords de l’Assemblée, emmenés notamment par la Cimade ou la Ligue des droits de l’Homme, pour dénoncer une “loi liberticide”.

“On ne peut pas prendre toute la misère du monde”, avait déclaré Emmanuel Macron dimanche soir à BFMTV, RMC et Mediapart. “Nous sommes face à un phénomène migratoire inédit” et le droit d’asile, auquel il est “attaché”, est “respecté”, a-t-il aussi affirmé.

La France a enregistré plus de 100.000 demandes d’asile l’an dernier, soit une hausse de 17,5 % par rapport à 2016.

Le projet de loi est critiqué au sein même de la majorité, malgré les efforts de pédagogie et persuasion déployés depuis plusieurs mois par Gérard Collomb, incarnant la ligne “dure” de l’exécutif.

Les discussions ont été agitées dès l’examen en commission, ce qui a valu à la vingtaine de contestataires LREM un rappel à l’ordre du président de groupe, Richard Ferrand.

Le délégué général de LREM Christophe Castaner a jugé que ceux qui s’abstiendraient ou voteraient contre “manqueraient de solidarité”, renvoyant à M. Ferrand la responsabilité de sanctions éventuelles.

Jean-Michel Clément (ex-PS) prévoit néanmoins de voter contre un texte à “la logique répressive”, Martine Wonner, ex-directrice du Samu social de Paris, n’exclut pas de faire de même, tandis que Matthieu Orphelin pense s’abstenir, comme Stella Dupont.

Les responsables LREM rejettent tout parallèle avec les frondeurs socialistes du précédent quinquennat, mais ce projet de loi est le premier à faire autant tanguer dans les rangs des “marcheurs”, particulièrement investis sur ce sujet touchant leurs “convictions”.

Plus d’un millier d’amendements sont au menu jusqu’à la fin de la semaine, dont 200 des députés LREM, un record.

– “Laxisme” ou “logique de la peur” –

Chez les MoDem, certains ont des “réserves” et défendront des amendements pour l’améliorer, tout en jugeant le projet de loi “équilibré dans ses objectifs”.

Parmi les points sensibles, figurent les divers amendements prévoyant d’ouvrir le marché du travail aux demandeurs d’asile ou la réécriture du “délit de solidarité” pour certaines personnes venant en aide aux migrants.

De son côté, la droite, qui dénonce “ambitions bien modestes” et “laxisme”, souhaite pouvoir fixer des quotas d?accueil annuels, limiter le regroupement familial, et éloigner plus facilement les étrangers représentant une menace.

La présidente du FN et députée du Pas-de-Calais Marine Le Pen a, elle, présenté un contre-projet d’une cinquantaine de propositions, alors que ce texte va selon elle “accélérer” l’immigration.

La gauche de la gauche estime le projet de loi “inutile et dangereux”, surfant “sur la logique de la peur”.

Les socialistes jugent que le texte “tourne le dos à nos principes constitutionnels”, les élus UDI-Agir veulent “équilibrer” ses mesures.

L’Assemblée se prononcera à l’issue des échanges sur l’ensemble du texte, sans vote solennel en raison de la pause qui s’ensuit dans les travaux parlementaires.

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