Attribution de marchés: le siège de la SNCF et d’autres sites du groupe perquisitionnés

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Le siège de la SNCF et d’autres sites du groupe ont été perquisitionnés mardi dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des irrégularités au sein d’une filiale du groupe en lien avec le groupe américain d’informatique IBM, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Les perquisitions ont notamment eu lieu au siège du groupe à Saint-Denis, ainsi qu’à Lyon, selon des sources proches du dossier, confirmant une information du Parisien.

Le parquet national financier avait lancé en 2017 une enquête préliminaire, après le dépôt de deux plaintes d’un salarié de la SNCF, affecté à la direction des achats à Lyon, dénonçant des irrégularités notamment sur l’attribution de marchés.

Cet employé, Denis Breteau, avait déposé une première plainte en octobre 2012 pour dénoncer ce qui relevait selon lui d’irrégularités au sein d’une filiale de la SNCF, la société Stelsia, en lien avec le groupe américain d’informatique IBM. Mais celle-ci avait été classée sans suite.

Après une nouvelle plainte en 2013, le parquet national financier avait lancé en 2017 une enquête préliminaire.

“La perquisition qui a eu lieu hier matin notamment au siège de la SNCF était quelque chose de très prévisible et elle s’est déroulée normalement”, a réagi auprès de l’AFP un porte-parole de l’entreprise ferroviaire.

“L’ensemble des marchés que nous avons avec cette grande entreprise (IBM, NDLR) sont en règle, ils sont déjà contrôlés de manière indépendante à la fois (…) par la mission de contrôle de Bercy à laquelle est assujettie la SNCF et en interne par notre service de qualité et de contrôle des marchés”, a-t-il complété.

Entre 2009 et 2011, la SNCF et IBM avaient scellé un partenariat informatique qui devait permettre de réaliser des économies et d’augmenter le chiffre d’affaires du groupe ferroviaire.

L’alliance entre les deux entreprises avait vu la création de la filiale Stelsia, détenue à 51% par la SNCF et chargée de piloter la sous-traitance informatique de l’entreprise ferroviaire. La SNCF souhaitait ainsi rationaliser sa gestion informatique et en réduire les coûts.

Mais en décembre 2011, d’un commun accord, la SNCF et IBM avaient décidé de ne pas poursuivre leur partenariat en raison de “difficultés contractuelles”, selon les syndicats.

Dénoncé depuis sa mise en place par les syndicats qui craignaient notamment des délocalisations, ce contrat devait générer 1,7 milliard d’euros en six ans.

L’entreprise ferroviaire avait alors repris le contrôle de Stelsia.

En avril 2019, les prud’hommes de Lyon avaient condamné la SNCF à réintégrer Denis Breteau, licencié fin 2018, auquel ils reconnaissent le statut de lanceur d’alerte.

grd-edy-mig-as/tq/cbn