Bac Nord, le film récupéré par l’extrême-droite : gros coup de gueule du réalisateur…

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Ne pas être associé à eux

C’est de la pure récupération politique” s’indigne Cédric Jimenez, profondément heurté par la récupération de son travail. “Un film reste un film, c’est une fiction qui raconte un fait divers bien particulier, ça ne raconte pas l’ensemble des quartiers nord.” Il poursuit : “Moi je ne suis pas du tout d’accord avec eux, je ne veux pas être associé à eux. Ils ne représentent pas nos valeurs. Je ne veux pas que ‘Bac Nord’ serve leur campagne pseudo sécuritaire. Éric Zemmour prend le mauvais exemple, il interprète le film d’une mauvaise façon. Il n’a que ça à dire ? C’est aberrant. Ce monsieur n’est pas sérieux. Ils utilisent ce film pour dire des choses affreuses, avec lesquelles je suis plus que pas d’accord.” Citer un film est représentatif du vide politique de la campagne, estime le cinéaste.

Cédric Jimenez est né à Marseille il y a quarante-cinq ans : “Il y a une grande diversité et beaucoup de joie, j’ai de super souvenirs. La cité ce n’est pas ‘Bac Nord’. ‘Bac Nord’, c’est une affaire policière. Le film ne s’appelle pas quartier nord !” Pour lui, le long-métrage parle du travail de la police et sa récupération n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu la campagne des présidentielles. “Quand on est candidat à la présidence de la République, on ne prend pas un film comme exemple. Ce n’est pas sérieux, on présente un programme. Surtout en mettant sur le film des valeurs qu’il ne représente pas. Il faut au contraire ouvrir le dialogue social, former les flics pour plus de pédagogie, pour qu’ils soient prêt à communiquer avec les quartiers“, clame haut et fort le réalisateur à qui l’on doit aussi La French.