Belfort: Le Maire appelle GE à réduire les suppressions d’emplois

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Arrivé et reparti sous les huées à Belfort, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a exhorté lundi General Electric à revoir à la baisse le nombre de suppressions d’emplois prévues par son plan social, faisant le pari de l’aéronautique pour assurer l’avenir du site belfortain.

“1.050 emplois supprimés, c’est trop. Il faut que GE améliore sa copie”, a lancé le ministre à l’issue d’une rencontre avec les représentants des salariés et les élus locaux.

“Je ne sais pas de combien nous pourrons descendre – je ne vais pas prendre d’engagement chiffré – mais je pense qu’il est important que GE revoie sa copie”, a insisté le ministre.

“C’est une condition préalable pour que les choses s’apaisent sur le site”, a-t-il relevé, considérant néanmoins qu'”entrer en conflit frontal” avec GE n’était “pas une bonne idée”.

Le ministre était arrivé vers 15H30 sur le site industriel sous les huées et les sifflets de 700 à 900 personnes (selon la police) réunies quelques instants auparavant pour une assemblée générale convoquée par les syndicats.

Bruno Le Maire a été particulièrement conspué par une vingtaine de “gilets jaunes” qui s’étaient placés au premier rang des manifestants.

“Pour défendre les salariés, pour défendre les retraités, pour défendre les +gilets jaunes+, on est là, même si Macron le veut pas”, ont scandé des manifestants.

Devant la presse, Bruno Le Maire a également déclaré vouloir des assurances de l’industriel américain que le plan social annoncé n’était pas “un plan de liquidation dissimulé” de l’activité turbines à gaz du site de Belfort, la plus touchée par les suppressions de postes.

“La vraie crainte (chez les salariés) est que, dans le fond, on fasse disparaître, discrètement mais sûrement, une activité sur le site de Belfort. Et ça, il n’en est pas question. Donc, c’est à GE d’apporter tous les éléments d’assurance nécessaires”, a insisté le ministre.

“M. le ministre parle de réduire le nombre (d’emplois supprimés). Nous, nous sommes encore sur stopper le plan social, qui n’a ni queue ni tête”, a réagi, après le départ de Bruno Le Maire sous de nouveaux sifflets, le délégué CFE-CGC, Philippe Petitcolin, promettant “des actions” mais sans en dire plus.

– L’aéronautique, activité “la plus prometteuse” –

Le ministre de l’Economie était venu aussi pour évoquer “la diversification industrielle” du site belfortain, afin de lui garantir un avenir.

“C’est l’aéronautique qui est aujourd’hui l’activité la plus prometteuse, celle sur laquelle, je pense, nous pouvons investir”, a-t-il répété.

Bruno Le Maire souhaite la création d’une société pour développer cette activité sur le site, capitalisée en premier lieu par GE. “Pour chaque euro apporté par GE à cette société, je suis prêt à apporter un euro d’argent public à travers la banque publique d’investissement”, s’est-il engagé.

“Nous faisons un pas, à GE de faire le pas suivant”, a-t-il cependant observé. Dans un communiqué, la direction de GE s’est contentée de prendre “note de la position du ministre”.

GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l’entité qui fabrique des turbines à gaz, activité frappée par 800 des 1.050 suppressions d’emplois actuellement prévues par l’industriel américain.

“Je veux être clair, Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d’excellence”, avait tenté de rassurer le directeur général de General Electric France, Hugh Bailey, dans une interview au Journal du Dimanche.

“Autant j’ai l’impression que le gouvernement, par le biais de Bruno Le Maire, essaie de faire avancer les choses, autant je suis très inquiet des déclarations de M. Bailey, qui frisent la provocation”, avait réagi le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot.

Jeudi dernier, le PDG de GE Larry Culp avait expliqué à New York que la suppression de plus d’un millier d’emplois en France faisait partie de la volonté du groupe de réduire ses coûts pour s’aligner sur la demande dans l’énergie.

Il avait une nouvelle fois critiqué la décision d’un de ses prédécesseurs de racheter le pôle Energie du fleuron français Alstom en 2015, une acquisition dont le calendrier tombait mal, selon lui, et qui a grossi les capacités de GE au mauvais moment.

Cette acquisition s’était accompagnée de la promesse de créer 1.000 emplois nets en France d’ici fin 2018. Une promesse non tenue pour laquelle GE a dû payer des indemnités avant d’annoncer donc plus d’un millier de suppressions d’emplois.