Biden attendu pour le discours de sa vie, Trump avertit contre le “chaos” démocrate

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Joe Biden prononce jeudi le discours le plus important de sa longue carrière politique, en clôture de la convention d’investiture pour l’élection présidentielle contre Donald Trump, qui dresse un tableau apocalyptique d’une présidence démocrate.

Au quatrième et dernier soir de la convention, l’ancien vice-président de 77 ans acceptera formellement l’investiture du parti démocrate, et prononcera, depuis sa ville de Wilmington, un discours vers la fin du programme, prévue à 23H00 (03H00 GMT).

Sans public, il devrait être suivi en ligne et à la télévision par des dizaines de millions d’Américains.

Le président républicain, lui, occupe le terrain. Il s’est rendu jeudi en Pennsylvanie, à deux pas de la ville natale de Joe Biden, Scranton, et il s’invitera sur la chaîne Fox News avant le grand discours de son adversaire.

“Imaginez le chaos descendant dans votre ville et toutes les villes de l’Amérique”, si le candidat démocrate remporte la présidentielle du 3 novembre, a lancé jeudi Donald Trump à des partisans réunis à Old Forge, petite ville de Pennsylvanie.

“Si vous voulez vous représenter la vie sous une présidence Biden, imaginez les ruines fumantes de Minneapolis, l’anarchie violente de Portland et les trottoirs tachés de sang de Chicago dans toutes les villes d’Amérique”, a-t-il mis en garde.

“La survie de notre pays est en jeu (…) Ces gens sont devenus fous”, a ajouté le président républicain.

– Réquisitoire d’Obama –

Mercredi soir, le réquisitoire de Barack Obama contre son successeur fut le plus sévère qu’il ait prononcé en quatre ans.

“J’ai espéré, pour le bien de notre pays, que Donald Trump puisse montrer l’envie de prendre son rôle au sérieux, qu’il puisse ressentir le poids de la fonction”, a affirmé M. Obama.

“Mais il ne l’a jamais fait”, a ajouté le premier président noir des Etats-Unis, et troisième ex-président démocrate à soutenir Joe Biden à la convention, après Bill Clinton et Jimmy Carter.

Le seul ancien président républicain en vie, George W. Bush, a fait savoir qu’il ne voterait pas pour Donald Trump.

Contre Barack Obama, Donald Trump a répliqué vertement: “Regardez comme il était mauvais, à quel point il fut un président inefficace”.

– “Cruauté” –

Contre Joe Biden, étroitement associé aux huit ans de présidence Obama puisqu’il était son vice-président, l’une des lignes d’attaque trumpistes est qu’il sera le laquais de la Chine.

“Ils feraient main basse sur notre pays!” a tweeté le président jeudi.

Les républicains devraient aussi scruter de près le discours de Hunter Biden, fils du candidat qu’ils accusent d’être “corrompu” pour avoir siégé au conseil d’administration d’une compagnie gazière ukrainienne lorsque son père était vice-président des Etats-Unis.

C’est cette affaire qui est à l’origine de la procédure historique de destitution contre Donald Trump, acquitté en janvier.

A 74 jours de l’élection, les Américains interrogés par les sondeurs ont majoritairement perdu confiance en Donald Trump pour sa gestion du pays, en particulier de la pandémie de Covid-19.

Toute la semaine, c’est d’ailleurs l’angle qu’ont choisi les démocrates pour pilonner le président sortant.

La candidate à la vice-présidence, Kamala Harris, a dénoncé dans son propre discours d’investiture mercredi “le chaos permanent”, l'”incompétence” et la “cruauté” du milliardaire.

Cette ancienne procureure générale, fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne, a appelé à la mobilisation.

“L’absence de leadership de Donald Trump a coûté des vies” au pays, a-t-elle lancé, évoquant l’épidémie qui a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis.

“Nous méritons beaucoup mieux!”, a aussi déclaré la sénatrice de Californie, 55 ans, qui pourrait le 3 novembre écrire un nouveau chapitre de l’histoire américaine en devenant la première femme à accéder à la vice-présidence.

A cause de la pandémie, la convention démocrate se tient entièrement en ligne cette année, sous un format rythmé de deux heures par soir.

Elle est comme c’est la tradition l’occasion de mettre en valeur de nouvelles personnalités, et une place de choix a cette année été réservée à Pete Buttigieg, un démocrate modéré de 38 ans, et l’une des révélations des primaires du début de l’année.

Quant aux républicains, leur convention, largement virtuelle, aura lieu la semaine prochaine. M. Trump prononcera son discours depuis la Maison Blanche.

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