Biden met le cap à l’ouest, pour un déplacement à la coloration plus politique que d’habitude

0
9
placeholder

Joe Biden effectue lundi un voyage dans l’Ouest américain, pour marteler ses arguments sur le changement climatique et les grands investissements, mais il va aussi, chose plus rare, descendre dans l’arène politique.

Le président se rend en Californie, fief démocrate qu’il n’avait pas visité depuis son élection, pour soutenir le gouverneur Gavin Newsom, confronté à un référendum qui pourrait, en théorie, lui coûter son poste.

Avant cela Joe Biden doit se rendre dans l’Etat républicain de l’Idaho, pour visiter un centre de coordination de la lutte contre les incendies, puis à Sacramento, en Californie. Une dernière étape de son déplacement le conduira à Denver, au Colorado, pour faire l’article de ses grands plans d’investissement.

Le voyage devrait permettre au président de jouer une partition désormais familière: rappeler l’urgence d’agir face au dérèglement climatique, et aux catastrophes qui lui sont associées, telles que les feux de forêt ou les tempêtes.

Joe Biden se fait fort de protéger les Etats-Unis et de verdir l’économie américaine avec des projets d’investissement dont le montant cumulé pourrait frôler les 5.000 milliards de dollars – à condition que le Congrès les vote à l’automne.

Les feux de forêt se sont multipliés cet été, en particulier dans l’ouest américain.

placeholder

Dimanche, dans son dernier pointage, le centre national inter-agences des incendies comptait 80 grands incendies actifs dans le pays – dont 22 dans l’Idaho – engageant plus de 22.000 pompiers.

Joe Biden, qui a rompu avec le scepticisme de son prédécesseur Donald Trump sur le climat, a récemment estimé que les Etats-Unis se trouvaient désormais en “alerte rouge”, et a appelé à l’union, en transcendant les clivages partisans.

– Schwarzenegger –

Mais loin de ces grands sujets transversaux, le président va bel et bien endosser l’habit du patron du parti démocrate au cours de son déplacement, en soutenant le gouverneur de Californie lors d’un événement de campagne de dernière minute à Long Beach.

Gavin Newsom fait face mardi à un “référendum de révocation”.

placeholder

Cette procédure bien particulière permet à des électeurs mécontents d’organiser un référendum, en dehors de toute élection, pour tenter de faire tomber le patron de l’Etat. Il y a 18 ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie.

Sur le papier Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018, et dont le mandat ne s’achève que l’an prochain, ne risque pas grand-chose dans un Etat acquis aux démocrates.

Mais ces derniers n’en prennent pas moins le scrutin au sérieux, conscients qu’une révocation surprise est toujours possible, surtout si la participation s’avère faible.

Derrière ce référendum se joue un clivage qui dépasse largement la Californie, entre un électorat démocrate qui soutient le programme progressiste et les mesures anti-Covid de Joe Biden; et un électorat conservateur qui se méfie des velléités interventionnistes des pouvoirs publics, dans n’importe quel domaine: la santé, l’économie, l’éducation, les moeurs, ou le changement climatique…