Black Friday: blocages dans la Drôme, à Nantes et Besançon contre la surconsommation

0
129

Des associations de défense de l’environnement et des altermondialistes bloquaient samedi matin un entrepôt d’Amazon dans le sud de Montélimar (Drôme) et deux centres commerciaux à Besançon et Nantes pour dénoncer l’impact sur le climat de la surconsommation, selon les organisateurs.

Depuis 08H30, a expliqué à l’AFP Raphaël Pradeau d’Attac, 160 militants de cette organisation altermondialiste, “de Solidaires, d’ANV Cop-21, d’Extinction Rebellion (XR) et de Jeunes pour le climat ont déversé de la terre et des cartons symbolisant les activités d’Amazon et mis en place une chaîne humaine” devant les trois entrées et sorties de la plateforme du géant mondial du commerce en ligne.

“Des syndicalistes de la CGT d’Amazon et une cinquantaine de gilets jaunes nous ont rejoints”, a-t-il ajouté.

Vers 10H30, les forces de l’ordre restaient “relativement discrètes et les militants font en sorte d’assurer la sécurité”, a précisé M. Pradeau.

A l’occasion du Black Friday, transformé à l’appel des protestataires en “Vendredi Noir”, Amazon avait déjà été la cible vendredi de plusieurs actions près de Paris et Lyon, ainsi que dans le Nord, pour dénoncer “la surconsommation, les conditions de travail” dans les entrepôts du groupe américain et “l’évasion fiscale pratiquée massivement par la multinationale”, selon Attac.

Le patron d’Amazon France Frédéric Duval a défendu l’entreprise américaine dans une interview au Parisien assurant que “l’e-commerce est une chance pour la France”.

Surconsommation? “Non, il s’agit de consommation. Nous permettons de donner du pouvoir d’achat aux Français. Si j’ai bien compris, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’en félicite”, a-t-il dit.

Concernant l’impact des activités du géant américain sur l’environnement, “Amazon, assure-t-il, est la seule entreprise au monde à avoir pris l’engagement d’atteindre les objectifs des accords sur le climat de Paris pour 2050, dès 2040”.

A Besançon, environ deux cents activistes d’ANV Cop-21 et Extinction Rebellion (XR) bloquaient depuis 10H00, avec des chariots, les trois entrées d’un centre commercial “pour dénoncer une société de surproduction dont le +Black Friday+ est le symbole”, ont-ils expliqué dans un communiqué.

-“dégâts environnementaux”-

Des commerçants, très en colère, ont bousculé et insulté des activistes qui sont restés calmes et ont tenté d’expliquer leur action, selon une journaliste de l’AFP. “Laissez-nous travailler!”, a crié un commerçant.

“On comprend les commerçants, ça nous fait mal au coeur, ils payent leur emplacement. Mais on est obligés de se mobiliser pour tout le monde”, a expliqué à l’AFP Line Ruelle, militante d’ANV Cop-21.

“Toute la planète est concernée par les dégâts environnementaux, sociaux et le manque d’action des gouvernements”, a ajouté cette ancienne animatrice commerciale, qui vit désormais “très sobrement” dans une cabane dans un arbre.

“Résistons aux profits” et “Jusqu’à liquidation des stocks”, avec le mot “stocks” barré et en dessous, en rouge, “ressources” est-il écrit sur des bâches noires.

A Nantes, environ 200 altermondialistes bloquaient samedi matin les accès d’un centre commercial, a constaté une correspondante de l’AFP. Certains salariés se sont retrouvés bloqués à l’extérieur et n’ont pas pu rejoindre leur poste de travail.

Pour Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat à l’Economie, “chaque Français a le pouvoir, dans sa manière de consommer, de changer les règles du jeu, de consommer plus responsable, de consommer plus durable, et de consommer (…) français”.

“Les gens sont grands, ce sont des adultes, c’est à eux de maîtriser leur consommation, et Black Friday ou pas Black Friday, il y aura toujours des promotions sur des produits”, a-t-elle estimé samedi sur Europe 1.

cha-cor-as-mk/jlc/tes

© 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.