Blinken réaffirme le soutien américain à Kiev face à la Russie

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Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé jeudi depuis Kiev le soutien des Etats-Unis à l’Ukraine, en proie à une guerre avec des séparatistes prorusses et après un récent regain de tensions avec la Russie.

Premier haut responsable américain à visiter l’Ukraine depuis l’investiture de Joe Biden en janvier, Antony Blinken a également appelé à faire avancer des réformes anti-corruption, dossier brûlant dans le pays et dans les relations avec l’Occident.

“Je suis là pour une raison très simple, celle de réaffirmer avec force, au nom du président Biden (…) notre engagement en faveur de la souveraineté de l’Ukraine, de son intégrité territoriale et son indépendance”, a dit M. Blinken, au débat de sa rencontre avec son homologue ukrainien Dmytro Kouleba.

Il a ensuite souligné l'”engagement” de Washington à travailler avec l’Ukraine pour “renforcer la démocratie” en “faisant avancer vos réformes contre la corruption”.

“Nous sommes votre partenaire sur les deux fronts. Et j’ai pensé qu’il était important de le dire le plus tôt possible en personne”, a poursuivi M. Blinken.

“Les Etats-Unis sont l’allié numéro un de l’Ukraine en matière de sécurité et de défense”, a de son côté fait valoir M. Kouleba. L’aide fournie par Washington dans ces domaines depuis le début de la guerre avec les séparatistes “est profondément appréciée”, a-t-il poursuivi.

M. Blinken, qui doit rencontrer le président Volodymyr Zelensky plus tard dans la journée, intervient peu après une escalade des tensions qui opposent la Russie et l’Ukraine depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev et l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014.

Pendant des semaines en avril, l’armée russe avait déployé des dizaines de milliers de soldats aux frontières ukrainiennes et en Crimée, officiellement pour des “exercices militaires”.

Cette démonstration de force ont fait craindre à Kiev et aux Occidentaux une possible offensive, voire même une invasion, car ce déploiement militaire massif s’était accompagné d’un regain de violences sur la ligne de front avec les séparatistes dans l’est.

Un des chefs de ces combattants prorusses, Léonid Passetchnik, a d’ailleurs estimé que la visite de M. Blinken allait “clairement entraîner une aggravation de la situation”, selon l’agence russe d’Etat Ria Novosti.

Le Kremlin, malgré ses dénégations, est largement considéré comme le parrain militaire et financier de ces rebelles prorusses.

Si Moscou a annoncé le 23 avril retirer ses troupes des frontières ukrainiennes, Kiev comme les Occidentaux ont dit rester vigilants.

– Armes létales –

Les autorités ukrainiennes aimeraient donc avoir un feu vert de Washington pour recevoir des livraisons d’armes létales, selon des analystes. Elles attendent aussi une aide de plus de 400 millions de dollars cette année.

Kiev a aussi, sans succès jusqu’ici, insisté sur la nécessité de son intégration accélérée à l’Otan, une ligne rouge pour Moscou si bien qu’Européens et Américains ont jusqu’ici toujours freiné le processus.

Le voyage de M. Blinken intervient au moment où le président Biden a accru la pression sur la Russie avec de nouvelles sanctions et des expulsions de diplomates, mais il chercher également à organiser un sommet avec Vladimir Poutine dès juin.

Au-delà des tensions internationales, Washington attend de Kiev des progrès tangibles dans la lutte anti-corruption et les réformes destinées à moderniser cette ex-république soviétique.

Une récente décision ukrainienne a crispé tant Washington que Bruxelles: le limogeage fin avril du patron du géant énergétique Naftogaz, Andriï Koboliev, réputé réformateur, et du conseil d’observation de cette société.

Washington avait dénoncé une décision témoignant d’un “mépris des pratiques de gouvernance équitable et transparente”.

La transformation de Naftogaz, autrefois symbole d’une corruption endémique, en une société transparente et contributrice essentielle au budget de l’Etat était jusque là considérée comme “l’une des rares réformes réussies ces dernières années”, selon l’influent site spécialisé Evropeïska Pravda.

La corruption, endémique en Ukraine, et la lenteur des réformes censées la déraciner sont depuis des années une source de complications dans la relation de Kiev avec ses amis occidentaux mais aussi les institutions financières internationales.

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