Bolivie: fin de campagne sous tension pour Morales dans le fief de l’opposition

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Gaz lacrymogène, jets de pierres, arrestations: des incidents ont éclaté mardi soir aux abords du meeting du président bolivien de gauche Evo Morales, candidat à un quatrième mandat, qui se tenait à Santa Cruz, ville la plus riche du pays et bastion de l’opposition.

Quelques heures avant, un imposant dispositif policier était déployé à proximité du terrain vague où devait s’exprimer le chef de l’Etat sortant. Une trentaine de jeunes membres de la droite bolivienne ont été arrêtés, les autorités craignant un affrontement avec les partisans d’Evo Morales, a dénoncé le comité pro Santa Cruz, une organisation civile d’opposition.

A la tombée de la nuit, alors que le meeting de campagne avait pris fin, d’autres groupes d’opposants ont affronté les forces de l’ordre à coups de pierres, la police répondant avec du gaz lacrymogène, selon des vidéos diffusées par les médias locaux.

Des barricades de pneus avaient été dressées sur certaines avenues de Santa Cruz.

“Tant que nous serons unis, nous continuerons de vaincre ceux qui n’aiment pas le peuple bolivien”, a lancé Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, devant des dizaines de milliers de ses supporters, dont beaucoup étaient vêtus de bleu, la couleur de son parti, le MAS (Mouvement vers le socialisme).

Au cours de son avant-dernière réunion publique, le président de gauche a également vanté son bilan économique, le taux de pauvreté extrême étant passé entre 2006 et 2018 de 38% à 15%, a-t-il annoncé. Il a promis que “l’extrême pauvreté sera à moins de 5% en 2025”, à la fin d’un éventuel nouveau mandat.

Pendant ce temps, son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, qui a rallié mardi une série de soutiens, tenait meeting dans le centre de La Paz.

Durcissant son discours, il appelé le pays à choisir “entre le chemin autoritaire vers la dictature et le chemin vers la construction démocratique”.

“Il y a déjà eu trop d’autoritarisme et cela est en train de nous conduire vers la dictature”, a-t-il ajouté, en référence au quatrième mandat que brigue le président Morales, considéré comme illégal par l’opposition.

Les deux candidats doivent tenir leur dernier meeting mercredi, Carlos Mesa à Santa Cruz et Evo Morales à El Alto, ville collée à La Paz.

Premier président amérindien de Bolivie, proche de Cuba et du Venezuela, Evo Morales est donné vainqueur par les sondages de l’élection présidentielle du 20 octobre face à son rival et ex-président Carlos Mesa, même si un second tour le 15 décembre pourrait être nécessaire pour les départager.

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