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Bure: évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires

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Bure: évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires

La gendarmerie nationale a débuté jeudi une opération d’évacuation du bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

“Sous l’autorité de la préfète de la Meuse, une opération menée par la gendarmerie a débuté ce matin à 6h15”, déclare sur son compte Twitter le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Ses services mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur sur place, “l’opération se passe bien”. Cinq cents gendarmes, dont cinq escadrons de gendarmerie mobile, sont mobilisés pour l’évacuation du site de 221 hectares à côté de Bure, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

“Il y a toujours des gens dans les arbres dans des cabanes à 20 m de hauteur. Il y a eu plusieurs arrestations, au moins un hélicoptère survole le bois. Toutes les routes sont bloquées dans les villages alentours”, a raconté à l’AFP un opposant au projet Cigéo présent sur place, ne souhaitant pas être identifié.

“Je ne veux pas descendre. Nous sommes là pour montrer qu’on ne veut pas qu’on empoisonne la Terre mère, on est dans un vieux chêne qui a vécu bien plus longtemps que nous”, a déclaré par téléphone un autre opposant perché dans un arbre à 25 mètres de hauteur, se faisant surnommé “un hibou du bois Lejuc”

La préfète de la Meuse doit faire un premier point avec la presse sur place vers 09H00, tandis que Gérard Collomb doit s’exprimer sur le sujet en milieu de matinée en marge d’un déplacement en Seine-et-Marne.

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu, qui a prévu de se rendre à Bure jeudi, a également prévu un point-presse à 14H30.

– “Sidération” –

“Dans un Etat de droit, les oppositions doivent s’exprimer de manière légale”, a écrit sur Twitter le secrétaire d’Etat. De son côté, le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a déclaré sur Europe 1 qu’il était “bien normal que l’évacuation ait lieu” pour ne pas voir perdurer “une période de non droit” comme cela a pu être le cas ailleurs en France.

Vendredi le Premier ministre Edouard Philippe avait affiché sa détermination à ne pas laisser “s’enkyster” les “Zad” (“zones à défendre”) occupées par des militants, alors que l’exécutif s’est engagé à évacuer à l’issue fin mars de la trêve hivernale l’emblématique Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-atlantique).

“C’est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd’hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu’opposants. C’est la sidération”, a réagi une porte-parole du collection “Bure Stop” contactée par l’AFP.

“C’est une situation inattendue, difficile à gérer”, a-t-elle ajouté, expliquant que la propriété du bois Lejuc “est contestée”, avec “des recours en cours déposés sur l’illégalité des travaux”.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a retenu le bois Lejuc pour l’installation des cheminées d’aération du projet Cigéo, visant à enfouir 500m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

L’agence doit réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt de la demande d’autorisation de création (DAC) du site, prévue pour 2019. Des forages rendus pour l’heure impossibles par l’occupation du bois.

Saisi en référé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le Tribunal de grande instance (TGI) de Bar-le-Duc avait rendu en avril une décision d’expulsion du bois Lejuc.

Les opposants au projet Cigéo contestent la procédure de cession de ce terrain à l’Andra.

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