Bygmalion: de la politique à l’hôtellerie, Lavrilleux tente de reconstruire sa vie

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<p/>Jérôme Lavrilleux le 16 mars 2021 à Paris” width=”245″ height=”163″ src=”data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABCAQAAAC1HAwCAAAAC0lEQVR42mP89AcAAuYB8IMlp6YAAAAASUVORK5CYII=” data-sizes=”auto” data-optimumx=”1″ srcset=”https://pureactu.com/wp-content/uploads/2021/09/bygmalion-de-la-politique-a-lhotellerie-lavrilleux-tente-de-reconstruire-sa-vie-1.jpg 992w”></div>
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<p class=De la politique à la gestion de gîtes, Jérôme Lavrilleux, 52 ans, ancien directeur-adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy reconverti dans l’hôtellerie, connaîtra son sort jeudi dans l’affaire Bygmalion, tout comme 13 autres prévenus dont l’ex-président.

A la tête de deux gîtes cinq étoiles dans le Périgord vert, il tente aujourd’hui de reconstruire sa vie en faisant ce qu’il a toujours fait, dit-il: “le ménage pour les autres”.

Jeudi à Paris, le tribunal rendra son jugement à l’issue du procès dit “Bygmalion”, sur les dépenses excessives de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy.

“J’assume de payer pour ce que j’ai fait, pas pour ce que je n’ai pas fait”, affirme-t-il. “Je n’ai pas pris un euro, il n’y a eu aucun détournement d’argent. Ça ne fait pas de moi un ange, pas un monstre non plus. J’ai fait des choses qui n’étaient pas bien, pas des choses que j’estime immorales.”

“Ma seule erreur fut de ne pas avoir dit +non+ quand on est venu me voir, en mars 2012, pour me dire: +les comptes sont dépassés, il faut que le parti (l’UMP devenu LR) paye+. J’aurais dû refuser.”



<p/>Jérôme Lavrilleux le 15 juin 2021 au Palais de justice de Paris” width=”245″ height=”163″ src=”data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABCAQAAAC1HAwCAAAAC0lEQVR42mP89AcAAuYB8IMlp6YAAAAASUVORK5CYII=” data-sizes=”auto” data-optimumx=”1″ srcset=”https://pureactu.com/wp-content/uploads/2021/09/bygmalion-de-la-politique-a-lhotellerie-lavrilleux-tente-de-reconstruire-sa-vie-2.jpg 992w”></div>
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Il assure n’avoir aucune “nostalgie” du passé. “Quand je fais le ménage dans mes gites, je ne me dis pas +avant, tu étais en jet privé avec Nicolas Sarkozy et Didier Barbelivien en train de chanter+”…

La vie de Jérôme Lavrilleux, du moins sa vie publique, ressemble à un roman: politique, argent, amitiés, coups bas s’y mêlent inextricablement. Son issue est encore incertaine, le ministère public ayant requis trois ans de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende. “Ca fait quatre ans que j’attends le procès et je sais que j’en ai encore pour trois ou quatre ans, en tenant compte d’un éventuel appel, renvoi en cassation”, dit-il avec fatalisme.

– “Arrêt de mort” –

L’opinion a découvert cet homme élancé au physique juvénile, accentué par de fines lunettes rectangulaires, un soir de mai 2014, en regardant BFMTV. C’est là qu’il lâche la petite bombe sur la falsification des comptes de campagne, prémices de “l’affaire Bygmalion”. Les yeux embués par les larmes, Lavrilleux apparaît cassé.

“C’était mon arrêt de mort politique”, dira-t-il plus tard.

Son amitié – qui perdure aujourd’hui – pour Jean-François Copé, ex-président de l’UMP, l’avait décidé à s’exprimer. Pour ne pas, dira-t-il, que celui-ci paie pour ce qu’il n’a “pas fait” et “jamais su”. M. Copé était appelé au procès comme simple témoin.



<p/>Jean-François Copé et Jérôme Lavrilleux, le 15 octobre 2012 à Paris” width=”245″ height=”163″ src=”data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABCAQAAAC1HAwCAAAAC0lEQVR42mP89AcAAuYB8IMlp6YAAAAASUVORK5CYII=” data-sizes=”auto” data-optimumx=”1″ srcset=”https://pureactu.com/wp-content/uploads/2021/09/bygmalion-de-la-politique-a-lhotellerie-lavrilleux-tente-de-reconstruire-sa-vie-3.jpg 992w”></div>
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<p class=Au plus fort de la bataille qui avait opposé son mentor à François Fillon pour la présidence de l’UMP, fin 2012, Lavrilleux tient une semaine entière, avec “six heures de sommeil” en tout, face aux fillonistes. Un médecin était même venu de nuit, en cachette, au siège de l’UMP, examiner l’homme terrassé par la fatigue. Au soir de la révélation du “Penelopegate”, qui devait coûter cher à Fillon en 2017, Lavrilleux enverra un SMS à Copé: “comme quoi, Dieu existe”…

Ce fils de garagiste, divorcé et sans enfants, est entré en politique par admiration pour Jacques Chirac.

Titulaire d’un simple BTS de commerce, il aime souligner qu’il n’a fait “ni l’ENA ni les grandes écoles”, un peu comme le faisait Nicolas Sarkozy, qui l’a distingué de l’Ordre national du Mérite.

Avant de rejoindre Copé puis Sarkozy, M. Lavrilleux a été neuf ans directeur de cabinet à la mairie de Saint-Quentin et conseiller général. Elu au parlement européen en 2014, il siègera cinq ans comme membre du PPE (Parti populaire européen), bien qu’ayant démissionné dès 2014 de l’UMP.

En 2020, il a créé une petite entreprise en “conseils de communication citoyenne”, la PACAP, dont il est l’unique actionnaire. Parmi ses rares clients, figure la mairie de Rilleux-la-Pape – dont le maire, Alexandre Vincendet, est un proche de… Jean-François Copé.