“Ça nous a trop manqué”: une rentrée hors normes pour 12,4 millions d’élèves français

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“Ça nous a trop manqué”: l’ensemble des 12,4 millions d’élèves français font leur rentrée mardi, “la plus normale possible” espère le gouvernement, mais avec un masque pour les élèves à partir du collège et tous les enseignants.

“Toutes les écoles, collèges et lycées ouvrent” ce mardi, a assuré le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer sur RMC-BFM TV. Il n’a pas exclu des fermetures de classe ici ou là dans les jours qui viennent mais “pour cette rentrée ce n’est pas le cas”, a-t-il dit.

Devant le collège Edgar-Quinet, dans le IIIe arrondissement de Marseille, Marie qui entre en sixième est venue dès 08H00 avec sa mère et son frère, “contente” de retourner en classe après des mois à la maison. “Ça ne me dérange pas de porter le masque, même si c’est un peu bizarre, c’est comme ça”.

L’ensemble des 12,4 millions d’écoliers, collégiens et lycéens peuvent être accueillis mardi dans leur établissement, grâce à un protocole sanitaire allégé dès la fin juillet.

Les enseignants doivent toutefois porter un masque, de même que les élèves à partir du collège, y compris pendant la récréation.

– “Parler plus fort” –

Chahda et Larissa, 12 ans, sont arrivées dès 07H45 devant le portail d’entrée du collège Edgar-Quinet. Leur rentrée officielle n’est que jeudi mais elles veulent voir dans quelle cinquième elles vont être. Les deux collégiennes n’étaient plus venues en classe depuis le début du confinement en mars. “Ça fait longtemps que j’attends ça”, lance Chahda, masque chirurgical soigneusement placé sur le visage.

“Ça nous a trop manqué, les potes, la récréation, la classe”, renchérit Larissa qui s’inquiète, elle, de devoir porter le masque toute la journée.

Pour cette rentrée, les gestes barrière seront plus que jamais à l’ordre du jour. La distanciation physique devra, elle, être recherchée dans la mesure du possible, mais elle ne sera pas obligatoire.

Cette rentrée inédite est “bien préparée”, a affirmé lundi Jean-Michel Blanquer, pour qui elle doit être “la plus normale possible”.

Le ministre fera un déplacement dans la matinée dans une école de Chateauroux (Indre) aux côtés du Premier ministre Jean Castex.

A la cité scolaire Michelet de Vanves au sud de Paris, les troisièmes font leur rentrée de bon matin. Masque sur le visage, Karl marche d’un bon pas. Pour lui, le masque est “un peu gênant pour respirer mais on s’habitue au fil des jours. Ça va être une rentrée bizarre, surtout pour rencontrer les nouveaux profs.”

Mains enfouies dans les poches de son sweat, Clara pense que “ce sera plus difficile pour les gens timides comme (elle), parce qu’il faut parler plus fort”.

Les parents qui veulent accompagner leurs enfants, comme c’est la tradition en maternelle, peuvent le faire à condition de respecter masques et distanciation.

“Normalement, il ne manquera pas d’enseignants dans les classes”, a assuré Jean-Michel Blanquer, précisant que les quelques personnes vulnérables “qui ne pourront pas être là” seraient remplacées.

Les 866.000 enseignants qui ont fait leur prérentrée lundi semblaient partagés entre sérénité et inquiétude.

“Comment réussir à connecter avec les jeunes avec la moitié du visage cachée par un masque ? C’est ce que je redoute le plus dans cette rentrée”, confie Julie Siata, jeune professeure d’anglais qui va enseignante dans un collège à Marseille.

Sur toute une série de sujets, le ministère a édicté des recommandations mais renvoyé les prises de décision aux acteurs locaux, misant sur leur “pragmatisme” et le “bon sens”.

– Chanter avec le masque –

Ainsi, les temps de récréation doivent être organisés, si possible, de manière à limiter les croisements entre groupes d’élèves.

A la cantine, les élèves garderont le masque pendant leurs déplacements. Le ministère recommande d’adapter “les plages horaires et le nombre de services”.

Pendant le sport, les élèves pourront ôter leur masque mais une distance d’au moins deux mètres entre eux est recommandée.

Ils devront le garder pendant les cours de musique à partir du collège.

Si la situation sanitaire se détériore dans certaines zones, le protocole sanitaire pourrait se durcir et obliger à une limitation plus stricte du brassage des élèves ou à une réduction de la taille des classes, voire des fermetures.

Plusieurs départements – comme la Gironde, les Pyrénées-Atlantiques ou la Corse-du-Sud – viennent de rendre obligatoire le port du masque autour des établissements scolaires.

En cas de symptômes, des tests seront réalisés pour remonter la chaîne de contamination et prendre des mesures d’isolement, a précisé le ministre.

Le défi de cette rentrée n’est pas seulement sanitaire. Il s’agira aussi très vite de faire le point sur les éventuels retards pris pendant le confinement, et constater si les disparités scolaires se sont encore creusées pour pouvoir y remédier.

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