Canot sur le Rhin: les recherches pour retrouver une fillette suspendues

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Imprudence ou inconscience du danger ? Le chavirement d’un canot pneumatique sur le Rhin, dans une zone interdite à la navigation, a coûté la vie à trois personnes jeudi et les recherches vendredi pour tenter de retrouver une fillette de 4 ans portée disparue ont été suspendues à 17H30.

Les recherches vont reprendre samedi à 09H00, a indiqué à l’AFP la préfecture du Bas-Rhin.

“Deux embarcations vont remonter les berges françaises et allemandes depuis Strasbourg jusqu’au lieu de l’accident”, a-t-on ajouté.

La brigade fluviale a sollicité l’appui d’un drone, “pour une meilleure visibilité”, selon la préfecture.

Vendredi, les recherches, interrompues la veille à 20H00, se sont poursuivies dans cette zone frontalière située à 25 kilomètres au sud de Strasbourg, sous la coordination de la compagnie fluviale de la Gendarmerie du Rhin, une unité binationale.

Un hélicoptère de la police du Bade-Wurtemberg a survolé le Rhin.

“On peut supposer qu’un corps pourrait être vu depuis les airs. Il y a un léger courant mais la visibilité est plutôt bonne. Cela nous permet de cibler des zones avant d’employer les plongeurs”, a expliqué à l’AFP Nadia Boughani, commandant en second de la compagnie fluviale franco-allemande.

Sur quatre embarcations légères, une dizaine de gendarmes français et de policiers allemands ont inspecté les berges du fleuve et leurs moindres recoins, côté français et côté allemand, jusqu’à l’entrée sud de la capitale alsacienne.

Deux plongeurs ont contrôlé la végétation très répandue en surface.

La veille, plus de 120 secouristes et gendarmes avaient été mobilisés, en France et en Allemagne, pour porter secours aux victimes de l’accident puis tenter de retrouver la fillette disparue. Des plongeurs avaient sondé le fleuve, en vain.

– Pas de gilets de sauvetage –

Le drame s’est noué sur un bras non canalisé du Rhin, appelé le “Vieux-Rhin”, près d’une petite chute, en aval du barrage de la centrale hydroélectrique de Gerstheim (Bas-Rhin).

Un groupe de sept personnes, résidant en Allemagne, de nationalités roumaine et allemande – pour les enfants -, s’était installé au bord du Vieux-Rhin, sur la rive française, pour pêcher et pique-niquer. En fin de matinée, le canot pneumatique sur lequel deux hommes et deux fillettes de 4 et 6 ans avaient pris place a chaviré.

“Utilisation d’engins de plage et de bateaux pneumatiques interdite aux abords des barrages et des seuils fixes”, “baignade, navigation, traversée interdite”: dans la zone où s’est produit l’accident, les panneaux mettant en garde, en français et en allemand, contre les dangers des activités nautiques sont pourtant nombreux.

Selon le secrétaire général de la préfecture, Yves Séguy, les passagers du canot ne portaient pas de gilets de sauvetage et se trouvaient dans un secteur “interdit à la pêche, interdit à la baignade et aux activités nautiques”.

Les trois personnes restées sur la berge se sont jetées à l’eau pour venir en aide aux passagers.

Le bilan humain est très lourd: outre la fillette de 6 ans et un homme de 29 ans qui se trouvaient à bord du canot, un homme de 22 ans qui s’était jeté à l’eau est également décédé.

Le deuxième adulte qui avait pris place dans le canot a été transporté jeudi à l’hôpital de Sélestat. Les deux autres témoins de l’accident qui avaient sauté à l’eau sont parvenus à regagner la berge sains et saufs.

“L’eau paraît calme mais il y a des courants” car “le Rhin est encore en chute jusqu’à Strasbourg, il n’est pas dans son lit de plaine”, a expliqué à l’AFP la maire (LR) de Gerstheim, Laurence Muller-Bronn. “Le danger existe mais on ne s’en rend pas compte, on croit toujours que cela n’arrive qu’aux autres”, a-t-elle déploré.

Le barrage de la centrale hydroélectrique, en amont du lieu de l’accident, “a fonctionné normalement. Il n’y a pas eu d’événement particulier” jeudi, a souligné auprès de l’AFP le service communication d’EDF.

Jeudi après-midi, EDF avait modulé la puissance de l’eau du barrage afin de faciliter les recherches.

Selon Mme Muller-Bronn, beaucoup de gens, notamment originaires d’Europe de l’Est, viennent d’Allemagne pour pêcher dans cette zone, en raison du coût moindre du permis de pêche en France.