C’est la reprise pour tous les écoliers et collégiens, à deux semaines des vacances

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C’est la reprise lundi pour tous les écoliers et collégiens: un retour en classe souhaité par le gouvernement, qui appelle à avoir “confiance” dans l’institution et espère que le plus d’élèves

Devant l’école élémentaire de Michel Bizot dans le XIIe arrondissement à Paris, Sharon, Angèle et Promise, des triplettes de neuf et demi, sont arrivées vingt minutes avant l’ouverture de l’école. “Ça fait longtemps qu’on a nos filles à la maison. Ça a été long. Elles étaient tout émoustillés ce matin pour la rentrée, elles n’en ont pas dormi de la nuit”, sourit leur mère, Charity Ben Egwo.

Malgré le déconfinement mi-mai et la réouverture progressive des établissements scolaires, depuis trois mois de nombreux enfants n’ont jamais repris le chemin de l’école.

Selon les derniers chiffres du ministère, seul 1,8 million d’écoliers – sur un total de 6,7 millions – y sont retournés, mais rarement à temps complet. Au collège, ils sont 600.000 sur 3,3 millions.

Dimanche dernier, le président Emmanuel Macron a annoncé que la reprise se ferait lundi “de manière obligatoire et selon les règles de présence normale”, à l’exception des lycées.

Ce retour à la normale est possible grâce à l’allègement du protocole sanitaire, qui encadrait jusqu’à présent de façon très stricte les établissements.

Désormais, selon un nouveau décret publié lundi, il n’y aura plus de règles de distanciation physique en maternelle. En élémentaire, une distance d’un mètre entre les élèves est simplement recommandée. Et au collège, quand elle n’est pas possible, les élèves devront porter un masque.

“L’objectif, c’est que 100% des écoliers et collégiens” reviennent, a déclaré lundi matin le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer sur France Inter.

En fonction des écoles, cela représentera huit ou neuf jours de classe avant les congés estivaux.

“Deux semaines de cours ça compte; chaque jour, chaque heure compte”, a assuré M. Blanquer.

Malgré un protocole allégé, cela n’empêchera pas des “difficultés d’accueil dans certains endroits”, regrettent plusieurs syndicats.

“On est épuisé par cette période d’ordres et de contre-ordres”, grince le directeur d’une école de Rennes.

– “Faite à ce rythme” –

“Même si on nous rajoute des élèves, on nous enlève des contraintes”, se réjouit à l’inverse la directrice d’un groupe scolaire de la ville. “Cela va aller, même si maintenant il y a aussi toute la rentrée à préparer”, ajoute-t-elle.

Pour de nombreux parents, éprouvés par des semaines de télétravail et d’école à la maison, c’est aussi le soulagement.

“Je suis contente. Je me couchais à deux heures du mat’ tous les jours. Je bossais le soir pour m’occuper de l’école des enfants la journée”, affirme Valérie, mère de trois enfants à Rennes.

Malgré les messages rassurants du gouvernement et des autorités sanitaires, d’autres familles restent inquiètes et ne remettront pas leurs enfants à l’école lundi.

“Nous avons fait le choix de les garder à la maison et de ne les faire reprendre qu’en septembre”, raconte une mère de deux enfants de 4 et 5 ans, scolarisés dans une école de montagne de Haute-Garonne.

Malgré le caractère obligatoire de cette reprise, le ministère a laissé entendre qu’il n’y aurait pas de sanctions envers les familles récalcitrantes.

“On est d’abord dans une posture de compréhension, d’aide et d’appui”, a précisé Jean-Michel Blanquer.

L’absentéisme pourrait notamment être important parmi les collégiens, anticipe Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des chefs d’établissement.

“Les conseils de classe sont terminés, dans certains endroits les manuels ont été rendus”, souligne-t-il.

“De nombreuses familles ne prendront pas le risque de renvoyer leurs enfants au collège” pour cette reprise qui pourrait, selon lui, ne pas être “massive”.

“Je m’étais faite à un rythme pendant le confinement. Tout changer pour une semaine c’est pas vraiment utile”, juge Alice, en 3e à Rennes.

Dans certains collèges, la reprise ne sera que partielle. Au collège Georges Mandel d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), la proviseure a par exemple écrit aux parents pour les prévenir qu’il sera impossible de suivre un emploi du temps normal et que la cantine ne rouvrira pas.

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