Charles Aznavour, un acteur qui a côtoyé les grands noms du cinéma

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Charles Aznavour n’était pas qu’un monument de la chanson française. Il est aussi apparu au cinéma, dans une soixantaine de films, sous la houlette des plus grands réalisateurs : Truffaut, Chabrol, Lelouch…

L’année 1960 restera un moment charnière dans la carrière de Charles Aznavour, tant musicalement qu’au cinéma. D’une part la critique – jusqu’alors très aigrie à son endroit – le consacre vedette du music-hall après son concert à l’Alhambra. D’autre part, ses talents de comédien sont reconnus après qu’il ait joué dans “Tirez sur le pianiste” de François Truffaut.

Dans ce film, Aznavour brille par sa composition subtile qui fait ressortir la fragilité de son personnage, Charlie Kohler. “Sa silhouette gracile le fait ressembler à Saint-François d’Assise”, dit de lui Truffaut, qui l’avait d’abord approché avec l’intention de lui consacrer un documentaire. Bien plus qu’une parodie de film noir, ce long-métrage inclassable peine toutefois à rencontrer son public.

En cette même année 1960, Aznavour est également remarquable dans “Le passage du Rhin” d’André Cayatte, récompensé du Lion d’or à Venise, et dans “Un taxi pour Tobrouk”, dialogué par Michel Audiard et réalisé par Denys de La Patellière, sous la direction duquel il tournera trois autres films (“Tempo di Roma”, “Pourquoi Paris ?” et une nouvelle version de “Caroline Chérie”).

Acteur international

Les premiers rôles du chanteur, non crédités, remontent à 1936 et 1938 dans “La Guerre des gosses” et “Les Disparus de Saint-Agil”. Aznavour dira s’être imprégné, adolescent, de la méthode Stanislavski, axée sur la prise de conscience intérieure par l’acteur de son personnage. Ce qui lui servira autant pour ses tours de chant que devant la caméra.

C’est dans “Adieu chérie” (1946) réalisé par Raymond Bernard, avec Danielle Darrieux en vedette, qu’Aznavour obtient son premier rôle. Mais il doit attendre douze ans avant de se faire remarquer dans “La tête contre les murs” de Georges Franju (1958). Notamment par Jean-Pierre Mocky, qui l’engage pour sa première réalisation “Les dragueurs” en 1959, année où il obtient aussi un petit rôle dans “Le testament d’Orphée” de Jean Cocteau.

Au milieu des années 60, Aznavour joue chez Julien Duvivier (“Le Diable et les dix commandements”) et Pierre Granier-Deferre (“Paris au mois d’août” et “La Métamorphose des cloportes”).

La décennie suivante le voit s’aventurer en Italie chez Sergio Gobbi (“Le Temps des loups”, “Un beau monstre”), aux États-Unis chez Lewis Gilbert (“Les Derniers aventuriers”), en Angleterre chez Peter Collinson (“Dix petits nègres”) et même en Allemagne chez Volker Schlöndorff avec “Le Tambour”, Palme d’or ex-aequo avec “Apocalypse Now” de Francis Ford Coppola en 1979.

“Quand même beaucoup de navets”

À partir des années 1980, Aznavour ralentit le rythme. Claude Chabrol lui offre cependant un rôle important aux côtés de Michel Serrault dans “Les fantômes du chapelier”. À cette même époque, Claude Lelouch enchaîne deux films avec lui : “Edith et Marcel” et “Viva la vie”.

En 2002, il revient au premier plan chez Atom Egoyan dans “Ararat” qui évoque le génocide arménien. Et les oreilles attentives reconnaissent sa voix dans la version française de “Là-Haut” des studios d’animation Pixar. Reste enfin cette perle érotico-psychédélique que fut “Candy” de Christian Marquand (1968), une production internationale dont il partage l’affiche notamment avec Marlon Brando, Richard Burton ou encore Anita Pallenberg.

“Sur la bonne soixantaine de films que j’ai tournés, il y a quand même beaucoup de navets”, dira Charles Aznavour. “Avec le recul, je peux être fier d’une petite dizaine d’expériences, avec Franju, Truffaut, Cayatte, Duvivier, Chabrol ou Schlöndorff (…). C’était une respiration et une détente pour moi d’échapper à l’univers assez solitaire du music-hall.”

Avec AFP

Première publication : 01/10/2018

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