Clara Luciani : Sa maladie neurologique et sa solution pour la cacher

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Clara Luciani était une bombe à retardement. Mais, à présent que La Grenade – son premier tube, dont elle pense que les gens connaissent plus le titre que son nom à elle – a explosé, après “sept ans de galère” et malgré un capital confiance fragile, l’onde de choc ne cesse de se propager sous la forme d’une voix magnétique et d’une signature musicale unique. Pour le quotidien Le Parisien du samedi 23 novembre 2019, la chanteuse de 27 ans, dont l’album Sainte-Victoire a été réédité augmenté de cinq chansons inédites, a analysé son succès acquis dans la douleur et la manière dont elle a dû, à certains égards, se faire violence.

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Consciente aussi bien du chemin de croix qu’elle a parcouru pour en arriver là que des sacrifices que le succès impose, Clara Luciani sait faire la part des choses : “J’ai vécu des moments très difficiles, de découragement, ça permet de relativiser, constate-t-elle. Je n’ai pas le droit de me plaindre. Oui, j’ai fait 300 concerts en deux ans. Je ne vois pas beaucoup ma famille. Je suis fatiguée. Mais il y a trois ans, je récurais les toilettes d’un restaurant. Là, je vis de ma musique. C’est un luxe.”

Ma mère a ça aussi

Si, à l’en croire, sa vie n’a “pas tellement changé“, une vie “de dévotion” et de “workaholic” dans laquelle la musique ne laisse “pas de place pour le reste“, l’artiste a en revanche bien eu le temps d’observer comment son succès s’est dessiné : “Tout s’est passé assez lentement, mais du coup j’ai eu le temps d’apprécier l’évolution des choses. C’était comme un carnet de bord dont je cochais les cases. (…) J’ai aussi mené des combats personnels sur la confiance en soi. J’étais au départ très intimidée sur scène ou dans les interviews, pour les photos, la télé. Je me suis fait violence pour surmonter ça.

Il lui a aussi fallu surmonter un autre trouble, qu’elle évoque en repensant au stress qu’ont généré en elle sa nomination pour les Victoires de la Musique et, surtout, la perspective de chanter sur la scène de la cérémonie. “En plus, révèle ainsi Clara Luciani, j’ai une maladie qui s’appelle le tremblement essentiel. C’est neurologique, héréditaire, ma mère a ça aussi. Je tremble donc toujours un peu et c’est accentué par le stress, la fatigue… On a trouvé la solution pour les concerts, où j’utilise un micro avec un fil que je tiens des deux mains et ça m’équilibre. Et les Victoires, c’était la première télé où je n’ai pas trop tremblé, où on ne voyait pas à quel point j’étais effrayée.

Après avoir réussi à dompter son angoisse de ne pas être “légitime” et trouvé une parade à son insoupçonnable maladie, Clara peut s’attaquer sereinement à son nouvel objectif : “Que cela dure.” Alors que son titre Ma soeur s’est installé sur les ondes, elle a “déjà des chansons pour un deuxième album“, autant dire que c’est en bonne voie.