Coeur de Pirate quitte son label, complice d’agressions sexuelles : “J’en pleure”

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Elle fait ses adieux à tout un pan de sa carrière. Sur son compte Instagram, Coeur de Pirate a annoncé qu’elle changeait de management. Et pour cause : Dare To Care, le label qui l’a découverte il y a dix-huit ans et qui l’a vue grandir, a aussi collaboré avec Bernard Adamus. Or, une vague de dénonciations vient de voir le jour, accusant l’auteur-compositeur-interprète québécois de harcèlement et d’agressions sexuelles, des faits qu’il a reconnus tout en rejetant la faute sur sa trop grande consommation d’alcool. Résultat des courses : la maison de disques s’est séparée de lui et Eli Bissonnette, le patron, qui avait fondé le label en 2001, a quitté son poste.

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Pour Coeur de Pirate, hors de question de faire comme si de rien n’était. D’autant qu’en faisant ses adieux à Dare To Care, Eli Bissonnette a présenté ses excuses en expliquant qu’il était plus ou moins au courant de l’histoire. “Je reconnais qu’en n’agissant pas, j’ai été complice de tout un système qui maintient les victimes dans le silence“, a-t-il précisé sur les réseaux sociaux. “On a fait des grandes choses ensemble, rappelle la chanteuse de 30 ans de son côté. Je suis directement liée à son succès et au succès de sa boîte, j’ai financé pas mal de projets au final, grâce à mon travail. C’est correct, j’aime ça, pouvoir aider. J’aime ça, travailler. J’aime ça, paver le chemin pour du renouveau. Mais mon travail, mes efforts, ma réussite ne devraient pas servir à nourrir le mal, les secrets, les abus de pouvoir.

Coeur de Pirate n’est pas la seule à quitter Date To Care. Dans la foulée, le duo Les Soeurs Boulay a pris la même décision. Cette affaire est d’autant plus intolérable pour Béatrice Martin – de son vrai nom – qu’elle lui rappelle de douloureux souvenirs. “J’en pleure, poursuit-elle. J’ai longtemps voulu croire en la personne qui a cru en moi, et je me sens coupable de l’avoir fait. À un moment donné, ça suffit. En tant que personne qui a vécu des agressions sexuelles à plusieurs reprises dans ma vie, je ne peux pas rester là à ne rien faire, à soutenir un système ancré dans un patriarcat toxique. Je suis exténuée.” Maman d’une petite Romy, 6 ans, elle souhaite sans doute “paver le chemin pour du renouveau“… mais un chemin bien différent cette fois-ci.