Confusion dans les primaires démocrates à cause du bug de l’Iowa

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Le camp démocrate aux Etats-Unis était plongé dans l’embarras et l’incompréhension mardi après la première échéance des primaires présidentielles la veille dans l’Iowa, où aucun résultat officiel n’a encore pu être publié et où deux candidats revendiquent la victoire.

Le président Donald Trump a jubilé face au chaos du parti qui espère l’expulser de la Maison Blanche en novembre, tweetant que le spectacle illustrait l'”incompétence” de ses adversaires. La semaine se profile bien pour lui, qui prononcera mardi soir son grand discours annuel au Congrès, et se dirige vers un acquittement mercredi au Sénat dans son procès en destitution.

Le parti démocrate de l’Iowa a promis que les résultats de la majorité des 1.700 bureaux de vote seraient rendus publics mardi à 22H00 GMT, 21 heures après le début des “caucus”, ces assemblées d’électeurs où les gens se regroupent par candidat au lieu de voter par bulletins, un système complexe critiqué depuis des années mais qui fait la fierté des traditionalistes locaux.

Un bug informatique dans l’application utilisée par le parti aurait provoqué un comptage partiel des voix, mais les explications au compte-gouttes des responsables locaux ont suscité la colère des candidats et ébranlé la confiance de certains dans l’intégrité du vote.

Politiquement, l’absence de vainqueur officiel gâche le coup d’envoi des primaires, dans lequel certains candidats ont investi un temps et des budgets considérables. Le vainqueur apparaît d’ordinaire en une des journaux et se sert de l’Iowa comme d’un tremplin vers les scrutins suivants, à commencer par le New Hampshire, qui votera le 11 février lors d’une élection primaire, organisée cette fois par les autorités de l’Etat comme un scrutin normal.

Se fondant sur ses propres estimations, le sénateur Bernie Sanders, héraut de l’aile gauche, a revendiqué la victoire dans l’Iowa, devant le trentenaire modéré Pete Buttigieg, un ancien maire d’une petite ville de l’Indiana surgi de nulle part l’an dernier.

Pete Buttigieg a quant à lui affirmé avoir engrangé une “nette victoire”, sur la base de ses propres estimations, mais sans explicitement dire s’il pensait avoir battu Bernie Sanders ou seulement avoir dépassé les attentes.

Le trentenaire, premier candidat ouvertement gay à ce niveau du jeu politique, veut reprendre à Joe Biden le flambeau de l’aile modérée du parti, et espère que son bon score rassurera ceux qui doutent de sa jeunesse. “Nous nous sommes établis comme la candidature de ceux qui veulent battre Donald Trump”, a-t-il dit sur CNN.

De son côté, Bernie Sanders a critiqué la “négligence” du parti démocrate local. “Je ne comprends pas pourquoi cela s’est produit, mais c’est comme ça”, a-t-il lâché.

– “Réelle préoccupation” –

L’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, semblait lui avoir réalisé une contre-performance alors qu’il est depuis des mois en tête des sondages au niveau national, selon les résultats de quelques grands bureaux de vote et l’estimation publiée par le camp Sanders.

Sa porte-parole a fait part de sa “réelle préoccupation” mardi sur CNN quant à l’intégrité des résultats, insinuant qu’ils puissent être contestés.

L’Iowa défend fièrement son système des “caucus”, vanté comme un exercice de démocratie pure, mais depuis longtemps dénoncé comme limitant la participation et intimidant, puisque le vote n’est pas secret — sans compter le tumulte du processus. Des réformes de transparence avaient été instaurées pour cette édition, créant plus de résultats à rapporter.

Tous les quatre ans, des critiques se lèvent aussi contre l’importance disproportionnée accordée à l’Iowa et ses quelques centaines de milliers d’électeurs, non représentatifs du pays, mais l’Etat a maintenu contre vents et marées sa place de premier.

L’agence de cybersécurité du gouvernement américain avait proposé de tester l’application démocrate pour en vérifier la sécurité face à un éventuel piratage, mais le parti avait décliné, a avancé sur Fow News le secrétaire à la Sécurité intérieure, Chad Wolf.

Selon lui, le problème est effectivement technique et non une attaque, mais “cela affecte vraiment la confiance des gens dans nos élections”.

Dans son discours à ses partisans lundi soir, Bernie Sanders avait affirmé avoir engrangé un “très très beau succès”. Les estimations de son camp le plaçaient en tête avec 28,6%, devant Pete Buttigieg (25,7%) et la sénatrice Elizabeth Warren (18,4%), elle aussi à la gauche du parti.

Joe Biden, 77 ans, n’arriverait que quatrième, avec 15,08%, talonné par une autre sénatrice modérée, Amy Klobuchar.

Pete Buttigieg a publié lui des chiffres portant sur 1.200 bureaux, et dans lesquels il aurait obtenu 24,7% des voix.

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