Contestation au Liban: un manifestant inhumé dans la colère

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Des centaines de Libanais ont participé jeudi près de Beyrouth aux funérailles d’un manifestant tombé deux jours auparavant sous les balles d’un militaire, près d’un mois après le début d’une contestation sociale inédite contre le pouvoir.

Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement populaire réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique, quasi-inchangée depuis des décennies et jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Alaa Abou Fakhr, 38 ans et père de trois enfants, a été tué mardi au sud de la capitale après qu’un soldat a ouvert le feu alors qu’un véhicule militaire tentait de dégager une route bloquée par les manifestants.

Les photos et les vidéos du corps sans vie de la victime gisant dans une grande flaque de sang avaient envahi la toile et suscité l’effroi parmi les Libanais.

L’armée a annoncé avoir ouvert une enquête après avoir interpellé le militaire ayant ouvert le feu.

Il s’agit du deuxième mort depuis le début de la contestation qui agite le pays.

Au rythme des slogans phares de la contestation, dont “Révolution, Révolution”, les manifestants rassemblés dans la localité de Choueifat, au sud de Beyrouth, ont assisté à une cérémonie religieuse avant que le cercueil ne soit porté par le cortège funèbre, sous les vivats et les jets de riz et de pétales de rose.

Qualifié de “martyr de la Révolution”, le défunt a ensuite été inhumé.

Des portraits et des affiches à son effigie et celle de sa famille ont inondé les principales villes libanaises. A Tripoli (nord), surnommée “l’épouse de la révolution” depuis le 17 octobre, un énorme portrait du “martyr” a été peint sur la façade d’un bâtiment.

Ailleurs dans le pays, des manifestants ont bloqué jeudi plusieurs axes routiers, donnant parfois lieu à des heurts avec des militaires, notamment dans la Bekaa (est).

Mais l’armée a ensuite réussi à ouvrir la quasi-totalité des routes, obstruées à l’aide de bennes à ordures parfois incendiées, de barrières, ou de bidons et pneus brûlés.

Le mouvement de contestation a entraîné la démission fin octobre du Premier ministre Saad Hariri mais les tractations politiques pour la formation d’un nouveau cabinet n’avancent guère, au grand dam des manifestants.

Au début de la contestation, un jeune manifestant avait été tué sur la route -bloquée par les contestataires- de l’aéroport de Beyrouth, après une violente dispute avec un homme en moto proposant de transporter les voyageurs contre rémunération.

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