COP26: neuf pays du sud de l’UE planchent à Athènes sur une déclaration sur le climat

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Les dirigeants de Grèce, la France et sept autres pays du sud de l’UE, planchaient vendredi à Athènes sur une déclaration commune sur le “changement climatique” en vue de la COP26 alors que l’ONU a averti que le monde s’acheminait vers un réchauffement “catastrophique” de +2,7%.

A l’initiative du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, le président français Emmanuel Macron, les Premiers ministres espagnol Pedro Sanchez et italien Mario Draghi doivent signer, avec leurs homologues de Chypre, Malte, Slovénie, Croatie et du Portugal, une déclaration commune sur le climat, au terme du sommet d’Athènes vendredi soir.

“C’est le bon moment car nous voyons tous que le changement climatique affecte lourdement la région méditerranéenne et nous devons trouver des solutions”, a déclaré sur EBS la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen, venue à Athènes.

A six semaines de la COP26, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a averti qu’un rapport publié vendredi sur les engagements nationaux de 191 pays “montrait que le monde est sur un chemin catastrophique vers +2,7°C de réchauffement”.

“En termes de changement climatique, il n’y a qu’une seule solution : mettre en œuvre la décision que nous avons prise ensemble, faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre”, a estimé à Athènes le président du Conseil européen Charles Michel, avant le début des débats.

Le Premier ministre grec a estimé que le sommet de vendredi serait une “poursuite du débat sur la protection de la biodiversité” et sur “la nécessité d’une meilleure coopération en termes de protection civile, notamment pour les incendies”.

La Grèce a été sévèrement frappée par les feux de forêt, qui ont dévasté plus de 100.000 hectares de son territoire cet été. Mais les températures caniculaires ont également favorisé d’importants incendies en Espagne, en Italie, en Croatie, en France et à Chypre, parmi les pays membres du sommet de vendredi.

Le sommet d’Athènes devrait également déboucher sur la réaffirmation “d’engagements sur la lutte contre la déforestation et sur la gestion des forêts en Méditerranée et en matière de protection civile”, selon l’Elysée.

Cette rencontre connue sous le nom de Med7 (France, Grèce, Italie, Espagne, Chypre, Malte, Portugal) a été rebaptisée UE MED, en raison de son élargissement à la Croatie et à la Slovénie.

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L’an dernier en Corse, le président français Emmanuel Macron et ses homologues des pays méditerranéens de l’UE avaient exhorté la Turquie à cesser sa politique de “confrontation” en Méditerranée orientale.

Alors que les tensions avec la Turquie sont depuis apaisées, les Européens doivent “parler avec Ankara des questions migratoires”, dans le contexte afghan, selon l’Elysée.

– Crainte d’une nouvelle vague migratoire –

Cette année, l’UE cherche désespérément à empêcher un flux massif de réfugiés venu d’Afghanistan, qui pourrait être comparable à la crise des migrants déclenchée en 2015 par la guerre en Syrie. Plus d’un million de réfugiés étaient alors arrivés dans l’Union européenne surtout par la Grèce et l’Italie.

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Alors que les Afghans comptent pour 45% des arrivées de migrants sur le sol grec depuis janvier 2021, la Grèce a déjà affirmé qu’elle ne serait plus une “porte d’entrée de l’Europe”.

Pour M. Mitsotakis, “le meilleur signe de la solidarité européenne serait que nous ayons des règles d’asile communes et que chaque pays contribue à sa manière à la gestion d’un problème qui n’est pas seulement grec, ou italien”.

Les dirigeants européens doivent aussi se pencher sur le pacte européen sur la migration et l’asile, dont les négociations sont arrêtées à cause de la pandémie.

“Le pacte Asile et migration n’est pas au point mort. Il y a eu des progrès”, selon l’Elysée, mais la crise afghane “relance nécessairement la question de l’adaptation de notre dispositif à la fois opérationnel et législatif de gestion humaine ordonnée des migrations”.