Coronavirus: bouffée d’air pour les petits Espagnols, mais la barre de 200.000 morts franchie

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Après six semaines cloîtrés chez eux, les petits Espagnols peuvent sortir dimanche jouer dans la rue, l’Europe tentant prudemment de sortir du confinement face à la pandémie de coronavirus qui a fait plus de 200.000 morts dans le monde.

Des jours et des jours qu’ils attendaient ça ! “Les enfants se sont levés tôt en demandant quand nous allions descendre dans la rue”, a confie Miguel Lopez, père de deux enfants de six ans et trois ans à Madrid.

Mais les restrictions sont nombreuses: les bambins n’ont pas le droit de jouer avec des voisins, ni de s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile, ni de sortir sans un adulte. La durée est limitée à une heure et les parcs restent fermés.

Troisième pays le plus touché au monde par la pandémie partie de Chine fin 2019, l’Espagne (23.190 décès) a dû adopter l’un des régimes de confinement les plus stricts au monde.

En termes de mortalité, elle n’est précédée que par les Etats-Unis (plus de 53.000) et l’Italie (26.384), et est suivie par la France (22.614) et le Royaume-Uni (20.319).

A Londres, le Premier ministre Boris Johnson, frappé par le virus, doit effectuer lundi un retour aux affaires très attendu, les Britanniques voulant connaître ses projets pour remettre l’économie en marche et sortir du confinement.

Sorti de l’hôpital le 12 avril, le dirigeant âgé de 55 ans a reconnu que les choses “auraient très bien pu basculer” pour lui. Il est aujourd’hui “en très bonne forme”, a assuré son ministre de la Santé, Matt Hancock.

– Doutes sur l’immunité –

La sortie du confinement reste un casse-tête planétaire, dans l’attente de la découverte d’un vaccin ou d’un remède qui seuls, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourront permettre de juguler la pandémie.

L’Espagne, soumise depuis le 14 mars à un confinement extrêmement strict, a prolongé celui-ci jusqu’au 9 mai inclus. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez présentera mardi un plan d’assouplissement envisagé à partir de la mi-mai.

En France, son homologue Edouard Philippe dévoilera le même jour sa “stratégie nationale du plan de déconfinement”, qui doit débuter le 11 mai, avec notamment la réouverture controversée des écoles.

En Afrique du Sud, pays africain le plus touché avec 75 décès, le port systématique du masque sera obligatoire à compter du 1er mai, date à laquelle les mesures de restriction seront légèrement assouplies.

En vue d’un déconfinement, certains pays mettent en place des programmes de tests sérologiques, comme l’Italie qui commencera le 4 mai une campagne sur 150.000 personnes à l’échelle nationale pour tenter d’en savoir plus sur la pandémie.

Mais l’OMS a douché samedi les espoirs de ceux qui misent sur une éventuelle immunité des personnes ayant été confrontées au coronavirus pour faciliter le déconfinement via la délivrance de “passeports immunitaires”.

Sans exclure qu’une telle immunité puisse exister, l’organisation a rappelé qu'”il n’y a actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection”. Et la menace d’une deuxième vague meurtrière plane toujours.

Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau appelé à la “prudence” et assuré ne pas compter sur une hypothétique immunisation collective.

– Cadavres dans les toilettes –

A New-York, ville la plus touchée au monde avec plus de 15.000 morts, l’important secteur bancaire envisage de prolonger indéfiniment le télétravail et d’échelonner les horaires d’arrivée au bureau.

Dans la capitale économique américaine, la vision de camions réfrigérés utilisés comme morgues temporaires a rappelé de terribles souvenirs à Maggie Dubris. “Je me suis souvenue de la morgue dressée au World Trade Center” après les attentats du 11-Septembre 2001. “Avec le même sentiment que quelque chose de terrible, avec beaucoup de morts, était arrivé.”

Dans la ville portuaire équatorienne de Guayaquil, la plus touchée d’Amérique latine, c’est une autre vision d’horreur qui hante les nuits d’un soignant : à l’hôpital où il travaille, “ouvrir la porte des toilettes avec tous les cadavres” entassés là faute de place ailleurs…

Dans ce contexte, les dirigeants mondiaux peinent toujours à trouver une réponse collective à la pire crise sanitaire et économique depuis la Seconde guerre mondiale.

A l’image du Conseil de sécurité de l’ONU, paralysé par les dissensions sino-américaines et quasi-muet depuis le début de la pandémie. Il doit tenter cette semaine d’adopter une résolution pour “une coordination renforcée parmi tous les pays” et une “cessation des hostilités” dans les pays en conflit.

Vendredi, le monde musulman a entamé le mois de jeûne du ramadan sans prières collectives ni repas partagés: les portes des mosquées restent closes et les rassemblements familiaux sont interdits.

Mais la crainte demeure que des violations ne favorisent un nouvel essor de la pandémie, notamment en Iran ou au Pakistan. Dans ce dernier pays, des fidèles se sont rués dans les mosquées malgré les recommandations sanitaires.

– Les chiens ont la cote –

Alors que la moitié de l’humanité est confinée depuis de longues semaines, une rébellion, très minoritaire, apparaît dans certains pays occidentaux. Comme aux Etats-Unis, au Canada ou en Allemagne.

A Berlin, une centaine de personnes ont ainsi été arrêtées samedi pour non-respect des règles de distanciation sociale, en marge d’une manifestation contre les mesures anti-coronavirus ayant rassemblé un millier de personnes.

Dans un monde confronté à la récession, certaines entreprises tirent leur épingle du jeu.

Comme les géants des technologies Amazon, Google ou Facebook, dont le trafic est comparable à celui du Nouvel an. Ou la start-up allemande Uvis, qui commercialise un procédé pour désinfecter les rampes des escaliers mécaniques avec des rayons ultraviolets, et qui voit ses commandes exploser.

Autre bonne nouvelle: face à la pandémie, les refuges pour animaux se vident aux Etats-Unis. “Le chien répond à un besoin et apporte du confort, de l’amour, et de la distraction”, confie Jalene Hillery, une enseignante de San Diego, en Californie, qui a adopté un jeune pitbull pour ses fils de 9 et 11 ans.

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