Coronavirus: l’Europe poursuit son déconfinement, au tour de l’Italie

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Avec de nouveaux assouplissements prévus en début de semaine dans une quinzaine de pays, l’Europe enclenche le déconfinement de ses populations, à l’image de l’Italie, cloîtrée depuis deux mois par la pandémie et qui attend avec fébrilité la levée partielle des restrictions lundi.

Encouragées par l’annonce de 174 décès en 24 heures annoncés dimanche, le nombre le plus faible depuis le début du confinement, les autorités vont entamer un allègement attendu par tous, pour faire repartir une économie mise à genoux par la maladie.

“Je veux amener ma vieille maman à la mer, je peux?”, s’interrogeait Pietro Garlanti, 53 ans, masque sur le visage et gants de plastique, en achetant son journal dans un kiosque du centre de Rome: “J’espère que les journaux vont nous dire ce que l’on peut faire ou non”.

Dimanche les grandes avenues historiques du centre de Rome étaient quasi-désertes, avec quelques rares coureurs faisant le tour des pâtés de maisons, ou des amateurs de gymnastique s’agitant sur les terrasses.

– “Liberté relative” –

Soumis depuis le 9 mars à un strict confinement, les Italiens ont subi de plein fouet l’épidémie de Covid-19, qui a coûté la vie à près de 29.000 personnes dans la péninsule.

“La phase II commence. Nous devons être conscients que ce sera le début d’un défi encore plus grand”, a prévenu le responsable de la cellule chargée de répondre à la pandémie, Domenico Arcuri.

Réouverture des parcs, visite à la famille, déplacements limités et encadrés, vente à emporter pour les bars et restaurants… les nouvelles règles sont attendues avec impatience par les Italiens.

Elles diffèrent néanmoins dans les vingt régions du pays, contribuant à une certaine confusion. La Calabre et la Vénétie ont ainsi déjà allégé les restrictions, autorisant notamment la réouverture des bars et restaurants.

Aux Etats-Unis, l’administration Trump a de nouveau accusé la Chine de dissimulation dans la gestion de la pandémie. “Il existe des preuves immenses que c’est de là que c’est parti”, a insisté le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, en référence à un laboratoire de virologie de la ville de Wuhan (centre).

“Ce n’est pas la première fois” que la Chine met ainsi “le monde en danger” à cause de “laboratoires ne respectant pas les normes”, a-t-il insisté, sans vouloir dire s’il pensait que le virus avait été libéré intentionnellement par Pékin.

Donald Trump s’en est souvent pris à la Chine depuis le début de la pandémie, qui a considérablement affaibli l’économie américaine, dont la vigueur devait être l’un des principaux arguments de sa campagne de réélection.

La France, elle aussi très touchée (24.895 morts), prévoit de débuter son déconfinement le 11 mai, mais prudemment et à un rythme différent selon les régions. De nombreuses interrogations demeurent sur la réouverture des écoles.

La présidence française a clarifié dimanche la situation des voyageurs arrivant sur son sol, assurant qu’aucune quarantaine ne serait imposée à ceux provenant de l’UE, de l’espace Schengen ou de Grande-Bretagne.

L’Espagne de son côté (plus de 25.000 morts), dont les 47 millions d’habitants étaient enfermés depuis mi-mars, a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d’ici la fin juin. Le pays a recensé dimanche 164 décès du coronavirus, chiffre quotidien le plus bas depuis presque sept semaines.

La levée des restrictions est déjà bien enclenchée en Allemagne, où les écoles rouvrent progressivement dans certains Länder lundi; en Autriche, où les artères commerçantes de Vienne ont retrouvé samedi leur animation avec la réouverture des magasins, ainsi que dans les pays scandinaves.

Autre signe de normalisation, le ministre allemand de l’Intérieur et des Sports s’est dit favorable dimanche à une reprise du championnat de football. Ce qui ferait de l’Allemagne le premier grand championnat européen à franchir ce pas.

En Europe de l’Est, les terrasses des cafés et des restaurants rouvriront à partir de lundi en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées ouvriront également.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a promis un plan de déconfinement la semaine prochaine. Là aussi, le chiffre des décès est en baisse (315 en 24H00) mais les chiffres officiels marquent souvent une baisse le week-end, due aux retards dans les enregistrements, suivie d’une recrudescence.

Evoquant sa maladie dans un entretien au quotidien The Sun, M. Johnson a déclaré : “Je ne me trouvais pas dans un état particulièrement brillant et je savais qu’il y avait des plans d’urgence en place. Les médecins avaient toutes sortes de préparatifs pour ce qu’il fallait faire si les choses prenaient une mauvaise tournure”.

Qualifiant avec émotion sa guérison de “chose extraordinaire”, le premier ministre a repris le travail lundi, deux semaines après sa sortie d’hôpital et deux jours avant que sa fiancée n’accouche de leur fils, dont un des prénoms rend hommage à deux médecins ayant pris soin du dirigeant.

Evoquant le plan de déconfinement à venir, le ministre d’Etat Michael Gove a pour sa part déclaré : “Je pense que nous allons devoir vivre avec une certain degré de contraintes” jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé.

La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont plus de 85% en Europe et aux États-Unis, selon un dernier bilan établi par l’AFP sur la base de chiffres officiels admis comme largement sous-évalués.

4,6 milliards d’êtres humains sont toujours appelés à rester chez eux ou soumis à des restrictions de déplacement.

Aux Etats-Unis (plus de 67.000 décès), malgré des bilans quotidiens toujours lourds, plus de 35 des 50 Etats ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l’économie.

En Israël, une partie des classes de primaire a rouvert, sauf dans les secteurs dits “à risque”. “Quel plaisir de vous voir les enfants!”, s’exclame Sigal Bar, directrice d’une école de Mevasseret Tsion, près de Jérusalem, en ouvrant les grilles de son établissement.

Au Brésil, le célèbre photographe Sebastiao Salgado a lancé dimanche une pétition en ligne signée par des stars comme Brad Pitt, Madonna ou Paul McCartney, réclamant des “mesures urgentes” des pouvoirs publics pour protéger les indigènes du coronavirus, auquel ils sont particulièrement vulnérables.

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