Coronavirus: l’OMS salue une percée de la recherche, Pékin inquiète

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Des chercheurs britanniques ont annoncé mardi avoir fait “une avancée majeure” dans le traitement des malades gravement atteints par le Covid-19, au moment où la Chine fait face à une inquiétante flambée de la maladie à Pékin.

Les responsables de l’essai clinique britannique Recovery ont découvert qu’un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, réduisait d’un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué une “percée scientifique”. “C’est le premier traitement avéré qui réduit la mortalité chez les patients atteints par le Covid-19 sous assistance d’oxygène ou de respirateur”, a commenté le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Ce médicament est déjà utilisé dans de nombreuses indications pour son effet anti-inflammatoire puissant.

– Nouvelle vague à Pékin?-

Au même moment, en Chine, la situation épidémique à Pékin était jugée “extrêmement grave” par les autorités, faisant craindre la possibilité d’une nouvelle vague de contaminations.

Plus d’une centaine de personnes ont été contaminées depuis la semaine dernière dans la mégapole de 21 millions d’habitants, engagée dans “une course contre la montre” contre le virus, a déclaré le porte-parole de la mairie, Xu Hejian.

Ce rebond du nombre d’infections, centré autour du marché géant de Xinfadi, dans le sud de la capitale, a poussé les autorités à décréter mardi la fermeture de toutes les écoles et universités de Pékin.

La mairie a exhorté les habitants à éviter les voyages “non essentiels” et a interdit aux résidents des zones touchées de quitter la capitale.

“Toute personne qui doit vraiment quitter Pékin devra fournir un certificat attestant d’un test négatif réalisé lors des sept derniers jours”, a indiqué Chen Bei, la secrétaire générale adjointe de la mairie.

Le Covid-19 a fait son apparition fin 2019 en Chine, à Wuhan dans le centre du pays, avant de gagner toute la planète.

Au moins 8.090.290 cas d’infection, parmi lesquels 438.250 décès, ont été comptabilisés au total, notamment en Europe, continent le plus touché avec plus de 2,4 millions de cas (188.349 morts) et aux Etats-Unis, qui comptent le plus grand nombre de cas diagnostiqués (plus de 2,1 millions) et de décès (116.567), selon un comptage réalisé mardi à 19h00 GMT par l’AFP à partir de sources officielles.

Sur le Vieux Continent, la progression de la maladie est désormais sous contrôle, estiment les gouvernements, qui ont rouvert lundi les frontières avec leurs voisins.

L’Espagne attend le 21 juin pour ouvrir ses frontières avec les pays de l’UE, sauf le Portugal. Mais elle accueille depuis lundi ses premiers voyageurs allemands depuis des mois sur l’île des Baléares, dans le cadre d’un projet pilote.

– Etat d’exception au Chili –

De l’autre côté de l’Atlantique, la pandémie continue de faire rage en Amérique latine et aux Caraïbes, qui ont dépassé les 80.000 décès.

La moitié sont recensés au Brésil qui, avec 45.241 morts (dont 1.282 mardi) est le deuxième pays le plus endeuillé.

Au Chili, l'”état d’exception constitutionnel pour catastrophe” a été prolongé de trois mois pour freiner l’épidémie, tandis que l’Equateur a prolongé de 60 jours, jusqu’au 13 août, l’état d’urgence.

Et le Pérou a enregistré plus de 7.000 décès dus au coronavirus, pour 237.000 infections après trois mois de confinement. Le ministre de la Santé, Victor Zamora, a toutefois relevé des signes positifs: “L’épidémie montre une décrue (…) le rythme de la contagion ralentit”.

Les Etats-Unis et le Canada ont quant à eux décidé de prolonger la fermeture de leur frontière commune jusqu’au 21 juillet pour tous les déplacements non essentiels. Il en ira de même pour la frontière américano-mexicaine.

Le bilan quotidien aux Etats-Unis est resté lundi sous la barre des 400 morts pour le deuxième jour consécutif, mais le pays continue d’enregistrer quelque 20.000 nouveaux cas chaque jour.

– La mousson, facteur aggravant –

Autre pays où l’épidémie ne montre pas de signe de reflux, l’Inde redoute une aggravation de la crise sanitaire avec la mousson annuelle et son cortège de maladies.

“Le Covid-19 nous a laissé démunis”, dit Vidya Thakur, forte de plus de trois décennies d’expérience de médecin dans un système de santé public indien sous-financé. “La mousson va rendre les choses encore plus compliquées”.

Plus d’un demi-million de personnes sont contaminées chaque année en Inde par des maladies favorisées par les pluies, comme la dengue et la paludisme, lors de la grande mousson qui s’abat sur le pays d’Asie du Sud de juin à septembre. Des infections qui présentent des symptômes presque identiques à ceux du Covid-19: fièvre, difficultés à respirer, perte d’appétit.

Et à quelques semaines du grand pèlerinage annuel à la Mecque prévu fin juillet, l’Arabie saoudite se trouve elle face à un choix délicat: limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj. “La décision sera bientôt prise et annoncée”, assure un responsable saoudien.

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