Coronavirus: un 1er-Mai sans manifestation mais plein d’interrogations

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Les Français s’apprêtent à vivre un 1er-Mai confiné, sans manifestation ni guère de brins de muguet, mais avec une multitude d’interrogations en tête sur les conditions de déconfinement

Concerts de casseroles, chants collectifs, manifs en ligne et pancartes revendicatives: les syndicats, sortis déçus d’une réunion par visioconférence avec Edouard Philippe sur les modalités du déconfinement, célèbrent la journée internationale des travailleurs sur les réseaux sociaux et depuis les balcons.

“C’est l’occasion de porter les exigences sociales que nous défendons depuis longtemps et que la crise a mises en exergue”, expose Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Avec la FSU, Solidaires, les mouvements lycéens Fidl, MNL, UNL et étudiant Unef, il a appelé à mettre en lumière les “oubliés” et les “invisibles de nos sociétés”.

En ligne de mire, les personnels de santé, les salariés du commerce, de l’agroalimentaire, du paramédical, du social, de l’entretien, les agents du service public, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus.

Alors qu’une deuxième vague de l’épidémie est redoutée dans les hôpitaux, le Premier ministre a entamé les consultations avec le patronat et les syndicats avec comme enjeu de remettre les Français au travail face une récession économique historique.

Pour Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, “il faut qu’un maximum de Français reprennent le travail”, alors que le chômage a connu une envolée historique en mars (+7,1%).

-“Tenons bon”-

Dans ce contexte, le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier a réclamé que le dispositif du chômage partiel soit prolongé, alors que le gouvernement prévoit de réduire la voilure à partir de juin.

La récession liée à la pandémie de Covid-19 se confirme chaque jour. Les seules deux premières semaines de confinement, en mars, ont provoqué une contraction de 5,8% du PIB au premier trimestre, selon l’Insee.

En vue du déconfinement progressif qui va conduire les Français à reprendre le travail, l’exécutif a présenté jeudi soir la liste des départements en rouge, orange et vert selon l’état de l’épidémie et des services de réanimation.

Sans surprise, l’ensemble de l’Ile-de-France et le quart nord-est du pays, les deux principales zones touchées, figurent intégralement en “rouge”, ainsi que la Haute-Corse, le Cher, le Lot et Mayotte. La carte sera mise à jour quotidiennement jusqu’au 7 mai, avant le début du déconfinement prévu le 11, a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le coronavirus a fait depuis le 1er mars 24.376 morts, dont 289 au cours des dernières 24 heures. Le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, a cependant souligné que les services de réanimation comptent désormais 4.019 patients (-188 en 24 heures) contre près de 7.200 le 9 avril.

La France est donc schématiquement départagée en trois parts à peu près équivalentes, entre rouge, vert et orange. Le 7 mai, ne resteront que deux catégories, vert et rouge, qui détermineront le niveau de relâchement des restrictions décrétées le 17 mars.

Dans les départements en vert, une moindre présence du virus permettra d’organiser un déconfinement plus large.

“Tant d’efforts faits depuis 46 jours. Ne les rendons pas vains. Tenons bon”, a lancé le président Emmanuel Macron sur Twitter.

– “Proies faciles”

Dans les transports publics, le non-respect du port des masques pourrait être sanctionné d’une amende de 135 euros, a averti le Secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebari dans une interview au Parisien de vendredi.

M. Djebbari a souligné que les “forces de l’ordre” seraient chargées de faire respecter cette obligation, mais également les services de sécurité des opérateurs de transport.

Sur le front de l’éducation, des mesures strictes d’hygiène pourraient régir le retour à l’école à compter du 11 mai, selon un document de travail du protocole sanitaire obtenu par l’AFP: lavage de mains à répétition durant la journée, jeux proscrits, désinfection du matériel entre chaque utilisation par un enfant.

Dans le Bas-Rhin, le président (LR) du conseil départemental Frédéric Bierry a “invité” jeudi les parents d’élèves du département “à ne pas scolariser leurs enfants avant le 25 mai” s’ils le peuvent “pour éviter de nouvelles chaines de contamination” du coronavirus.

“Le Covid a des proies faciles, il fait des ravages chez nos anciens et il avance à bas bruit avec nos enfants, surtout les plus jeunes qui sont, nous dit-on, asymptomatiques”, fait valoir M. Bierry dans un communiqué.

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