Coup d’envoi de la Mostra: le cinéma se prend à rêver d’un nouveau départ

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Fouler le tapis rouge malgré le Covid ? “Un miracolo”, s’est émerveillée en V.O. Cate Blanchett, présidente du jury de la 77e Mostra de Venise qui débute mercredi soir, appelant le cinéma laminé par la pandémie à se réinventer.

“C’est un plaisir d’être ici. Ces six derniers mois, je parlais uniquement avec les cochons et les poulets… Je suis contente d’avoir enfin des discussions intéressantes avec des adultes !”, a-t-elle plaisanté lors de la conférence de presse d’ouverture du festival, le premier à se tenir physiquement depuis que la pandémie a bouleversé la planète.

Pour ses premiers mots en tant que présidente du jury qui doit décerner dans dix jours le Lion d’Or du meilleur film, l’Australienne a voulu “applaudir la créativité et la force” de ceux qui ont dû “terminer leurs films dans des conditions difficiles”, crise sanitaire oblige.

“J’ai des craintes, des peurs, mais il faut être courageux aujourd’hui !” a exhorté Cate Blanchett, appelant l’industrie du cinéma à faire son aggiornamento sur la place du streaming et des salles de cinéma.

“Ces six derniers mois, nous sortons d’une +monoculture du streaming+ (vidéo par internet), et nous devons avoir une conversation très importante sur la façon dont on rouvre les cinémas”, a-t-elle ajouté.

– En salle –

La veille, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, avait eu ce cri du cœur dans un entretien avec l’AFP : “nous en avons assez de voir des films en streaming! L’expérience du film en salle nous manque. Et il est temps de redémarrer”.

Si le plus ancien des festivals de cinéma du monde prend bien son envol sur le Lido de Venise face à la mer, c’est avec des mesures sanitaires draconiennes.

Le tapis rouge a été bordé d’un haut mur gris, bouchant la vue des passants, pour éviter les attroupements. Tous les accès sont surveillés par caméra thermique. Ceux qui ont de la température n’entreront pas. En salle, un siège sur deux est condamné et le port du masque est obligatoire.

Signe de l’importance de l’évènement pour la planète cinéma, les directeurs des plus grands festivals européens ont rangé leurs rivalité dans leur poche pour illustrer mercredi leur solidarité, lors d’une conférence de presse commune.

“Nous ne sommes pas encore dans le monde d’après” le Covid, a mis en garde Thierry Frémaux, le directeur du festival de Cannes contraint à l’annulation au printemps, tout en disant avoir “toute confiance en l’avenir”.

Et il en faudra: l’industrie cinématographique mondiale est en plein marasme après des mois de fermeture de salles ou d’arrêt de tournages autour de la planète.

– 18 films en compétition –

Mercredi soir, lorsque les lumières de la grande salle du Palais du Cinéma s’éteindront, les cinéphiles pourront enfin savourer et oublier les mois de confinement.

C’est un film italien, “The Ties”/”Lacci”, de Daniele Luchetti, qui doit ouvrir le bal. Présenté hors compétition, ce drame intimiste explore avec brio les fêlures d’une famille napolitaine sur trois décennies.

Le jury, lui, se mettra au travail jeudi pour commencer à visionner les 18 films en compétition, dont 8 réalisés par des femmes, venant aussi bien d’Italie, d’Inde que de Pologne et d’Azerbaïdjan.

Aux côtés de Cate Blanchett siègent notamment l’acteur américain Matt Dillon, le réalisateur allemand Christian Petzold, ou encore la comédienne française Ludivine Sagnier, pour désigner le successeur de “Joker” de Todd Phillips, couronné l’an dernier avant de remporter cinq mois plus tard deux Oscars.

Des cinéastes confirmés sont de la compétition, comme l’Israélien Amos Gitaï avec “Laila in Haifa” ou le Japonais Kiyoshi Kurosawa (“Les amants sacrifiés”). La France est représentée par un seul film, le drame “Amants” de Nicole Garcia.

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