Connect with us

Cyberfatale: la BD qui vous raconte les secrets de la cyberdéfense

Dépêche

Cyberfatale: la BD qui vous raconte les secrets de la cyberdéfense

Un collectif de scénaristes anonymes et le dessinateur Clément Oubrerie publient une série humoristique se déroulant dans les couloirs du ministère des Armées, dans les bureaux de la cyberdéfense.

En 2010, le dessinateur Christophe Blain et le scénariste Abel Lanzac (pseudonyme du diplomate Antonin Baudry) ont rencontré un grand succès avec Quai d’Orsay, plongée comique et burlesque dans les coulisses du ministère des Affaires étrangères des années Dominique de Villepin.

En octobre a été publié Cyberfatale. Ce premier volet d’une série dessinée par Clément Oubrerie (dessin) et écrite par le collectif de scénaristes anonymes “Cépanou” lève un coin du voile sur la cyberdéfense et le nouveau siège du ministère des Armées, le Balardgone, situé non loin du Pont du Garigliano, dans le XVe arrondissement de Paris.

Connu pour des ouvrages sur Pablo Picasso, Voltaire, Isodora Duncan ou encore son adaptation dessinée des Royaumes du Nord de Philip Pullman, Clément Oubrerie a rejoint tardivement le projet. Le scénario était alors déjà écrit par une équipe de trois scénaristes, dont un journaliste. C’est ce dernier qui a rencontré “la source”, qui avait envie de raconter en BD les coulisses de la cyberdéfense.

“Que l’on se marre”

Si la référence à Quai d’Orsay s’impose d’emblée dans l’esprit du lecteur, Clément Oubrerie explique avoir eu en tête le regretté René Pétillon et son Enquête corse:

“Maintenant qu’il n’est plus là, c’est un peu gênant de dire ça, mais l’idée était de faire un album dans l’esprit de Pétillon. Ce qui était formidable dans ses albums était sa manière de s’emparer de l’actualité et d’y apporter une vision décalée. Faire rire, c’est une chose, mais faire rire et en même temps parler d’aujourd’hui, c’était assez spécifique de Pétillon. L’idée de cet album était de ne pas être seulement dans le réel et le documentaire, mais aussi que l’on se marre.”

Cyberfatale

Et on rigole. Si l’intrigue s’inspire à la fois “d’éléments connus du grand public et d’autres pas”, le lecteur reconnaît sans mal François Hollande, renommé ici le Président Flandre, ainsi que son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, rebaptisé Morbihan. “Tous les personnages renvoient à des personnes qui auraient pu exister ou pourraient rappeler un président… C’est presque des hommages. Ce n’est pas très irrévérencieux. On n’est pas dans la satire ni la dénonciation débridée”, commente le dessinateur, avant d’ajouter: “Les hommes politiques sont de très bons personnages de BD.”

Hollande en slip

L’album évoque aussi l’affaire des Mistral et le refus de la France de livrer à la Russie les deux porte-hélicoptères qu’elle avait pourtant commandés en 2010. Cette décision, liée à l’implication de la Russie dans la crise de Crimée et la guerre du Donbass, a eu comme conséquence le piratage de TV5 Monde en 2015. “Cette histoire fait partie des infos que l’on donne dans le livre et qui est vraie”, indique Clément Oubrerie, avant de préciser à propos de la scène d’ouverture de l’album, où le président Flandre se retrouve dans une fâcheuse situation: “Tout ce que l’on raconte pourrait arriver, même si on n’a encore jamais vu la photo de Hollande en slip. Tout est crédible.”

Au delà du rire, l’idée est de raconter “les rouages de cette nouvelle armée”: “Notre source continue de travailler au sein du ministère de la Défense et dans le département de la ‘cyber’. Il connaît tous les rouages de cette institution récente. On a une authenticité. On n’est pas dans la fiction, on est vraiment dans le réel: c’est le langage des militaires, des hackeurs. Ce n’est pas un délire de scénaristes.”

Cyberfatale

“On ne peut pas révéler des secrets Défense”

Créé il y a une dizaine d’années, ce département emploie environ 3.500 personnes. “Les concurrents sont des gens comme la NSA, où travaillent des dizaines de milliers de personnes. Ils ont des moyens démesurés. Nous sommes encore un petit Poucet même si nous comptons parmi les nations les plus avancées en cyber”, indique le dessinateur.

Pour recréer l’intérieur du R-1 du Balardgone, le fameux premier sous-sol du ministère des Armées auquel personne n’a accès “à part le président, quelques gradés et le personnel qui y travaille”, Clément Oubrerie a travaillé sur les descriptions de la source: “On ne peut pas révéler des secrets Défense – mais on donne aux lecteurs le goût de ce qu’il ne verra jamais.”

Secteur récent, la cyber donne des idées aux scénaristes: Delcourt publie en même temps une nouvelle série Cyberwar de Daniel Pecqueur (scénario) et Denys (dessin), où des pirates lancent une attaque virale qui plonge l’Amérique dans le chaos. L’équipe de Cyberfatale, sans se préoccuper de la première guerre cybernétique mondiale, planche déjà sur le deuxième tome. Sortie prévue en octobre 2019. Au programme: la “vraie” Corée du Nord.

Cyberfatale, tome 1, Clément Oubrerie et Cépanou, Rue de Sèvres, 70 pages, 15 euros.

Cyberfatale
Continue Reading
You may also like...
Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

More in Dépêche

To Top