Damso a vu la mort à 8 ans : “Le bruit de la balle de kalash qui traverse un corps…”

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Damso n’a pas eu une vie facile, il suffit d’écouter ses textes pour s’en rendre compte. À Kinshasa, son pays d’origine, le rappeur est chez lui. C’est d’ailleurs depuis le Congo que l’artiste belge a choisi de faire la majeure partie de la promotion de la mixta QALF. Dans les colonnes du Parisien, l’interprète de Coeur en miettes raconte son enfance marquée par la guerre, à Kasongo.

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“William a toujours été très sage, il intériorisait tout, restait derrière moi. Je le vois encore le jour de la rentrée des classes avec son petit bermuda rouge et son ballon de foot sous le bras”, se rappelle Jean-Michel, son grand frère de 31 ans. Damso est revenu dans les rues de son quartier, vingt ans après l’avoir quitté à cause de la guerre. “Nous avions une maison ici. À l’époque, ça tirait de tous les côtés, ça hurlait de partout. Il y avait des pillages, des viols. Miraculeusement, nous n’avions pas été touchés jusqu’à ce que des voisins nous dénoncent, car nous avions de l’argent. En pleine nuit, toute la famille a dû fuir en s’entassant dans une Jeep avec quelques affaires pour se réfugier dans un petit appartement de 20 m² en immeuble, dans le quartier de la Gombé. J’étais gamin et je ne comprenais pas ce qu’il se passait“, se souvient l’artiste belge.

J’ai entendu le bruit de la balle qui traverse un corps

Alors qu’il n’avait que 8 ans, Damso vit ensuite une scène inoubliable. “Un homme s’est fait tuer sous mes yeux, j’ai entendu le bruit de la balle de kalash qui traverse un corps, raconte-t-il. À ce moment précis, je n’ai pas eu peur, je n’avais aucune émotion. Je me disais : voilà, on va mourir aujourd’hui et ça va se passer comme ça. Et mon père nous a encore une fois sauvé la vie en nous sortant de là. À ce moment-là, j’ai réalisé qu’il y avait des vies plus importantes que d’autres. En Europe, si tu tues dans la rue, tu vas en prison. Ici, parfois non.”

Pour Damso, ce retour sur place le plonge “dans un état second” comme rarement : “J’ai eu un choc en voyant ces enfants qui n’ont pas de téléphone pour écouter de la musique et qui chantent mes chansons, me connaissent, me soutiennent.” Lui aussi était un enfant du pays, fou amoureux du rap qui a même été SDF quelques mois le temps d’être repéré par Booba et que sa carrière ne décolle. Il est donc normal que le rappeur fasse son possible pour aider son pays. L’année dernière, il a lancé son association humanitaire chargée de venir en aide aux Congolais, Vie sur nous, qui a pour objectif de régler le problème de répartition des ressources tirées de l’exploitation des minerais.

Retrouvez l’interview de Damso en intégralité dans le dernier numéro du Parisien.