Darmanin traité de “sale violeur” lors des cérémonies pour le père Hamel

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Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a été traité de “sale violeur” pendant les hommages au père Hamel, assassiné il y a quatre ans à Saint-Étienne-du-Rouvray et, selon la préfecture, onze personnes ont été interpellées dans la foulée.

“Sale violeur! Darmanin, violeur! Sale violeur!”, ont été proférés par un ou plusieurs individus alors que le ministre de l’Intérieur était au pupitre pour prononcer un discours d’hommage, à l’extérieur de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Les personnes qui “ont interpellé le ministre ont été exfiltrées”, selon la préfecture de Seine-Maritime.

“Onze personnes ont été interpellées et auditionnées, quatre sont en garde à vue pour outrage, et toutes sont verbalisées pour manifestation interdite”, a-t-on précisé de même source.

Selon la préfecture, “même s’il y avait une interdiction de manifester, le secteur était ouvert au public”.

Les personnes interpellées sont “connues pour leur appartenance à la mouvance gilets jaunes et ultra gauche”, et les mots proférés ne sont pas le fait de féministes, selon la même source.

La préfecture a jugé “scandaleuse” une telle initiative lors d’une cérémonie de recueillement.

Depuis sa nomination à l’Intérieur, Gérald Darmanin doit faire face à une polémique autour d’une accusation de viol qui, loin de s’étioler, le fragilise et oblige gouvernement et majorité à le soutenir en bloc, parfois de manière embarrassée.

Il fait l’objet depuis 2017 d’une plainte d’une femme qui l’avait sollicité en 2009 pour tenter de faire annuler une condamnation. Pour M. Darmanin, il s’agissait au contraire d’une relation librement consentie.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

Dans son discours d’hommage au père Hamel dimanche, le ministre a salué le prêtre “mort sous les coups de la barbarie la plus infâme et la plus aveugle”. Son assassinat “n’a pas touché que les chrétiens. Il a touché toute la France en son cœur et en son esprit”, a-t-il dit.

“Mettre à mort un prêtre (…) c’est tenter d’assassiner une partie de l’âme nationale”, a souligné M. Darmanin.

“Quatre années après, nous nous souvenons de son action. De ce drame. Et nous n’oublions pas”, a-t-il assuré, souhaitant que la vie et la mort du prêtre puissent “être la fois un exemple pour ceux qui croient et un vœu d’espérance de fraternité républicaine pour tous”.

Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel, prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), a été égorgé dans son église par deux jihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, qui ont été tués par la police. L’assassinat avait été revendiqué par l’organisation État islamique.

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