Des leaders indigènes brésiliens demandent à l’UE de prendre ses responsabilités

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“Nous ne pouvons pas continuer à lutter seuls”: une délégation de représentants indigènes brésiliens a demandé mardi à Paris que l’Europe défende l’Amazonie et ses peuples autochtones, “menacés” par les décisions du président brésilien Jair Bolsonaro.

Huit dirigeants de l’APIB (Assemblée des Peuples Indigènes du Brésil) ont entamé le 17 octobre une tournée dans douze pays européens après avoir participé au synode sur l’Amazonie qui s’est tenu au Vatican.

“Le discours de haine et de violence de Bolsonaro incite la société à perpétrer des actes” contre les indigènes, a dénoncé Sonia Guajajara, de l’APIB, qui représente 305 ethnies, lors d’une conférence de presse.

Le chef de l’Etat d’extrême droite brésilien a plusieurs fois exprimé son soutien à l’exploitation minière dans des réserves indigènes et des zones protégées.

Selon l’APIB, 136 défenseurs des droits de l’homme et des militants, dont des indigènes, ont été assassinés depuis la fin 2018 au Brésil, tandis que 109 incursions se sont produites dans les territoires autochtones depuis janvier, ce qui s’ajoute à des départs de feu volontaires.

Le militant indigène Paulo Paulino, défenseur de la forêt, a été tué début novembre et un autre membre de la tribu amazonienne Guajajara a été blessé lors d’une embuscade tendue par des trafiquants de bois dans l’Etat du Maranhao (nord-est du Brésil).

“Nous ne pouvons pas continuer à lutter seuls”, a insisté Sonia Guajajara, rappelant que les peuples autochtones se considèrent comme des protecteurs de l’Amazonie.

La violence “montera certainement en flèche” avec l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, a craint Angela Kaxuyana.

Le président français Emmanuel Macron avait estimé fin août, alors que les feux de forêts se propagaient en Amazonie, que son homologue brésilien Jair Bolsonaro avait “menti” sur ses engagements en faveur de l’environnement et annoncé que dans ces conditions la France s’opposerait au traité de libre-échange controversé UE-Mercosur.

En plus de produits comme le soja et la viande, concernés par cet accord et qui peuvent contribuer à la déforestation, “les métaux comme l’or nous préoccupent particulièrement” car son extraction “augmentera l’invasion de nos terres”, a souligné Angela Kaxuyana.

Kreta Kaygang, de l’APIB, a pour sa part critiqué la France, “grande exportatrice” d’armes vers le Brésil. Jair Bolsonaro veut libéraliser le port d’armes, ce qui aggraverait “le massacre” des indigènes”, selon Kreta Kaygang.

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