Dixième samedi de manifestations des “réfractaires” à la vaccination et anti-pass sanitaire

0
27
placeholder

“Les Gaulois réfractaires vont résister”, ont de nouveau promis samedi des manifestants anti-pass sanitaire en France, où 180 rassemblements étaient prévus, pour le dixième week-end consécutif, de Toulouse à Lille.

“Je ne me suis pas fait vacciner, même pas en rêve, et j’ai démissionné” de la Fonction publique, a déclaré à l’AFP une aide-soignante d’Ile-de-France en blouse blanche, dans une manifestation à l’appel des “Gilets jaunes” à Paris. “Le vaccin, on n’est pas sûrs de ce qu’il y a dedans, on n’est pas des cobayes”, lançait cette femme de 37 ans, “en colère et triste”, ne livrant que son prénom, Hager.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé jeudi que “quelque 3.000 suspensions” avaient été signifiées à des personnels de santé non vaccinés contre le Covid-19, après l’entrée en vigueur mercredi de l’obligation vaccinale les concernant.

Sur près de 58 millions de Français de plus de 12 ans éligibles au vaccin, 86% ont déjà reçu au moins une injection. Les nouvelles manifestations interviennent au moment où le cap symbolique des 50 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 a été atteint.

Emmanuel Macron l’avait lui-même annoncé vendredi dans une vidéo sur les réseaux sociaux, en disant: “Le vaccin sauve des vies, le virus tue, c’est simple”, le nombre total de décès en France depuis le début de l’épidémie s’élevant à 115.960.

“Avé Jupiter, les Gaulois réfractaires vont résister”, lui répondaient samedi certains manifestants, cette réplique étant inscrite sur leur “gilet jaune”, dans un des trois cortèges parisiens.

“Bienvenue au Kontrolistan. Gloire à Macronescu notre guide”, “Libérons la France”, clamaient aussi des pancartes, Place du Trocadero à Paris, dans le rassemblement des Patriotes à l’appel de Florian Philippot (extrême droite).

Vers 16H30, un groupe d’une centaine de manifestants Gilets jaunes a traversé brièvement le hall de la gare de l’Est, sans incidents, a constaté un journaliste de l’AFP. Les commerces de cette gare parisienne étaient ouverts et les passagers attendaient leurs trains sur les quais. Une source policière a confirmé qu’il n’y avait “ni violence ni dégradation”.

– “Perdu toute confiance” –

A Toulouse, ils étaient 1.500 manifestants anti-pass sanitaire à battre le pavé, selon la préfecture. Après une violente rixe la semaine dernière entre des manifestants et des militants d’extrême droite, des centaines de personnes ont scandé “Toulouse, Toulouse, antifa” dans le défilé ou “A bas, l’Etat, les flics et les fachos”.

Parmi les milliers de manifestants à Montpellier – 3.000 selon la préfecture – Josiane, 71 ans, retraitée commerciale, se revendiquait non vaccinée: “J’avais toujours eu confiance en la médecine et dans les vaccins, a-t-elle dit. Mais là j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de malsain que l’on ne maîtrise pas. On a autant d’informations contre le vaccin que pour. On ne sait plus où on en est. J’ai perdu toute confiance”.

Les manifestants étaient 2.100 manifestants à Lille, selon la préfecture, 100 de plus que le samedi précédent.

Selon une source policière, 17.000 manifestants étaient attendus samedi à Paris et 80.000 à 120.000 dans le reste du pays. Samedi dernier, les autorités avaient compté 121.000 manifestants sur l’ensemble du territoire, loin des 237.000 participants du 7 août.

placeholder

Dans le même temps, l’épidémie de Covid-19 se calme en France, selon les autorités, et Emmanuel Macron s’était dit prêt jeudi à “lever certaines contraintes” dans “les territoires où le virus circule moins vite” sans toutefois donner d’échéancier précis.

Le pass sanitaire est devenu obligatoire le 21 juillet dans les lieux accueillant plus de 50 personnes. Il a ensuite été étendu aux hôpitaux sauf urgences ou encore aux bars et restaurants, et le 30 août aux 1,8 million de salariés au contact du public.

Le 30 septembre, il devrait être appliqué aux 12-17 ans.

burx-rbo-aco-asm/lbx/vk