Dordogne: après une nuit infructueuse, la traque de l’ex-militaire en fuite continue

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La traque se poursuit lundi en Dordogne pour retrouver un ancien militaire lourdement armé, quatre fois condamné pour violences conjugales, et réfugié depuis plus de 24 heures dans une forêt cernée par les forces de l’ordre au Lardin-Saint-Lazare.

“Cette nuit, on a continué les ratissages avec les outils que l’on peut utiliser la nuit et nous continuons sur la même stratégie pour toute la journée. On travaille de manière très méthodique, systématique”, a précisé à la presse lundi matin le préfet de Dordogne Frédéric Périssat.

“Il y a une relève ce matin mais le dispositif reste le même, un dispositif que l’on qualifie de robuste que l’on va maintenir dans la durée s’il faut”, a pour sa part affirmé la gendarmerie à l’AFP.

Depuis dimanche, les GIGN de Toulouse et de Satory, en région parisienne, et plus de 300 gendarmes ainsi que des équipes cynophiles, appuyés par sept engins blindés et sept hélicoptères, tentent de débusquer cet homme de 29 ans, réfugié dans une zone escarpée, pierreuse et boisée, difficile d’accès, de quelque 4 km2.

L’ex-militaire, qui a été dans l’armée de 2011 à 2016, et a appartenu au régiment d’infanterie de Brive, dispose “d’une arme de grande chasse, une arme puissante et qui est effectivement une arme dangereuse”, avait précisé dimanche à la presse le général André Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle Aquitaine.

– Les habitants toujours confinés –

Selon une source proche du dossier, il s’agit d’une Winchester de calibre 30-30, dont il a fait usage à plusieurs reprises dans sa fuite contre les forces de l’ordre, endommageant gravement deux véhicules de service de la gendarmerie.

Le drame avait commencé dans la nuit de samedi à dimanche : cet homme déjà condamné quatre fois pour des violences conjugales sur son ex-compagne, mère de ses trois enfants, se présente au domicile de cette dernière. Il commet des violences sur celle-ci et tire sur son nouveau compagnon, sans l’atteindre, selon la gendarmerie.

Dimanche soir, la procureure de Périgueux, Solène Belaouar, a annoncé l’ouverture de deux enquêtes distinctes, l’une pour violence sur son ex-compagne et tentative d’homicide sur l’homme qui était avec elle et sur qui il a tiré sans l’atteindre; l’autre pour tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique, c’est-à-dire les gendarmes.

L’objectif reste d’interpeller le suspect “en vie”, comme l’avait affirmé dimanche le général André Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle Aquitaine. Et “de retrouver cette personne sans exposer de vies humaines”, a déclaré à la presse lundi matin le préfet Frédéric Périssat.

Dimanche matin, les gendarmes avaient eu des contacts téléphoniques avec le suspect, doté d’un bracelet électronique, mais ensuite plus rien.

Dans la zone où il s’est réfugié “le contact a été établi à plusieurs reprises de manière sporadique mais cela s’est ensuivi de coups de feu de l’individu. Chaque fois qu’il y a eu contact il a ouvert le feu”, avait détaillé dans l’après-midi le préfet de Dordogne. Il a tiré sur les militaires (et) les engins blindés”, a précisé le général Pétillot.

Les quelque 1.800 habitants du village devront pour leur part prendre leur mal en patience. L’école de la commune reste fermée, les transports scolaires interrompus tandis qu’un système de distribution de repas pour les personnes âgées a été organisé.

Le préfet rencontrait lundi matin la maire du village, Francine Bourra “pour voir comment va fonctionner la journée, comment ça se passe avec les personnes qui sont confinées”.

“Notre objectif c’est de pouvoir permettre à la population de retrouver une vie normale”, a indiqué la gendarmerie

Un point de situation devrait intervenir en fin de matinée, a-t-on indiqué de même source.

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