Dordogne: le forcené arrêté et blessé dans un échange de tirs avec les gendarmes

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L’ancien militaire lourdement armé réfugié depuis plus de 24 heures dans une forêt de Dordogne a été arrêté lundi par les gendarmes du GIGN qui l’ont blessé grièvement lors d’un tir de riposte, ont annoncé les autorités au Lardin-Saint-Lazare.

“Au contact des militaires du GIGN, il a ouvert le feu à plusieurs reprises sur eux. Et suite à un de ses derniers tirs, il y a eu un tir de riposte qui a amené à le neutraliser”, a annoncé à la presse le général André Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle Aquitaine, selon qui les blessures du suspect sont “graves”.

“Il n’y a aucun blessé parmi les forces de l’ordre”, le suspect “était toujours dans la logique suicidaire”, a-t-il ajouté.

Auparavant, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé sur Twitter que l’homme avait été “neutralisé”.

L’ex-militaire, quatre fois condamné pour violences conjugales contre son ex-compagne, mère de ses trois enfants, “est actuellement entre les mains du service d’incendie et de secours pour sa prise en charge sanitaire”, a précisé le préfet de Dordogne Frédéric Périssat.

Alors que le village de 1.800 habitants est confiné depuis dimanche matin, “nous allons revenir progressivement à la vie normale, cela veut dire que les axes vont être encore filtrés et perturbés dans les heures qui viennent pour permettre au travail d’enquête de se pourvuivre”, a ajouté le préfet.

La gendarmerie de Dordogne venait de diffuser un appel à témoins avec la photo de Terry Dupin, né le 14 avril 1992, cheveux rasés sur les côtés et longue barbe, qualifié d'”individu dangereux”.

Depuis dimanche, les GIGN de Toulouse et de Satory, en région parisienne, et plus de 300 gendarmes ainsi que des équipes cynophiles, appuyés par au moins sept engins blindés et sept hélicoptères, tentaient de débusquer cet homme de 29 ans, réfugié dans une zone escarpée, pierreuse et boisée, difficile d’accès, d’environ 4 km2.

L’ex-militaire, qui a été dans l’armée de 2011 à 2016, et a appartenu au régiment d’infanterie de Brive, était armé d’une carabine de chasse, une Winchester de calibre 30-30 dont il avait déjà fait usage à plusieurs reprises dans sa fuite contre les forces de l’ordre, endommageant gravement des véhicules de la gendarmerie.

“C’est un individu aguerri, endurant, il a l’habitude de vivre plusieurs jours en autonomie. En formation militaire il a pu rester plusieurs semaines sur le terrain”, avait souligné le général André Pétillot. “Notre objectif c’est de lui permettre de s’expliquer devant la justice, qu’il se rende aux militaires du GIGN”, avait-il ajouté.

Le drame avait débuté dans la nuit de samedi à dimanche quand cet homme se présente au domicile de son ex-compagne. Il commet des violences sur celle-ci et tire sur son nouveau compagnon, sans l’atteindre, avant de prendre la fuite, selon la procureure de Périgueux Solène Belaouar.

Dimanche matin, les gendarmes avaient eu des contacts téléphoniques avec le suspect, doté d’un bracelet électronique, mais depuis plus rien.

– “Un employé modèle” –

Dans l’entreprise de travaux publics de Dordogne où l’homme travaillait depuis fin août en CDI, comme chauffeur poids-lourd, “jamais on ne se serait douté d’un truc comme ça”, a dit à l’AFP la présidente de la société, qui veut rester anonyme.

“C’était un employé modèle, on n’a rien à lui reprocher”, “quelqu’un d’exemplaire, très calme, posé, poli, très respectueux”, qui “dialoguait quand on avait envie de dialoguer”.

“On savait qu’il avait été militaire”, ajoute-t-elle, mais “on ne savait rien d’autre” sur cet homme qui travaillait encore vendredi.

Dans le village, l’école de la commune est restée fermée, les transports scolaires interrompus tandis qu’un système de distribution de repas pour les personnes âgées a été organisé.

La Papeterie de Condat, principal employeur de la région avec ses 350 salariés, était à l’arrêt, avec seulement six employés assurant la sécurité du site, selon la maire.

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