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Duel surprise sur le terrain entre Macron et Le Pen

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Duel surprise sur le terrain entre Macron et Le Pen

La bataille à onze jours de la présidentielle en France s’est durcie mercredi sur le terrain, à travers un duel inattendu entre la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen et son rival centriste Emmanuel Macron autour du sort d’une usine.

Alors que le candidat pro-européen de 39 ans rencontrait des délégués syndicaux de l’usine Whirpool à Amiens (nord-ouest), Marine Le Pen se rendait elle sur le site même de cette usine menacée de délocalisation en Pologne pour un bain de foule avec des grévistes, une visite non programmée.

«Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants» d’Amiens, a déclaré la candidate, qui s’est fait photographier au côté de salariés multipliant les selfies. «Évidemment que c’est un message» à l’intention des ouvriers et de M. Macron, a-t-elle ajouté.

Se présentant comme le porte-drapeau «des ouvriers» et des «travailleurs», la candidate anti-Europe et anti-immigration, arrivée en tête dans cette région dimanche, s’est aussi posée comme «candidate surtout des Français qui ne veulent pas être dépossédés de leur emploi, de leur pouvoir d’achat».

Emmanuel Macron a aussitôt répliqué qu’il rencontrerait lui aussi les salariés de Whirpool et dénoncé «l’utilisation politique» du conflit social au sein de l’usine.

«Le projet que porte Mme Le Pen est un projet qui détruit le pouvoir d’achat», a-t-il ajouté.

Whirpool a annoncé voici trois mois sa décision de délocaliser sa production en Pologne et de fermer en juin 2018 l’usine de sèche-linges, implantée dans une région déjà frappée par de nombreuses fermetures de sites industriels.

«Choisir la France»

Marine Le Pen a pris pour nouveau slogan mercredi «Choisir la France», qui succède à «Remettre la France en ordre», pour tenter de séduire «l’ensemble des patriotes de droite comme de gauche».

«Nous pensons gagner cette élection présidentielle parce qu’il s’agit d’un véritable référendum pour ou contre la mondialisation», a dit son directeur de campagne, David Rachline.

Le déplacement surprise à Amiens de la candidate, arrivée deuxième au premier tour dimanche, illustre le caractère offensif de sa campagne.

D’autant que l’attitude de M. Macron, qui a consacré son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu’il donnait l’impression «d’enjamber» le second tour en croyant la partie déjà gagnée.

M. Macron devait se rendre mercredi soir à Arras (nord) tandis que sa rivale tiendra jeudi une grande réunion à Nice (sud-est), bastion de la droite, où l’ancien Premier ministre François Fillon l’avait devancée au premier tour.

«Se ressaisir»

Donné vainqueur le 7 mai par tous les sondages publiés depuis dimanche soir avec de 62% à 64% d’intentions de vote, Emmanuel Macron a estimé mardi que «rien n’était gagné» face à son adversaire.

Si M. Macron, qui se présente pour la première fois à une élection, a recueilli des ralliements de tous bords pour «faire barrage» à l’extrême droite, dont celui de l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy, il n’a pas obtenu celui du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,58% des suffrages au premier tour).

Ce dernier ne révélera pas la nature de son vote, quel que soit le résultat de la consultation engagée auprès de ses militants, a indiqué son porte-parole, Alexis Corbière.

Des voix au sein du Parti socialiste ont appelé mercredi le leader de la «France insoumise», arrivé dimanche en quatrième position, à «se ressaisir». «Quand on est de gauche, on ne biaise pas, on est immédiatement dans le combat contre le Front national», a affirmé le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.

D’autres responsables ont mis en garde M. Macron, le prévenant qu’un bulletin en sa faveur ne valait pas adhésion.

Voter pour lui, «ce n’est pas un chèque en blanc», a souligné le secrétaire général du Parti communiste, Pierre Laurent. Même écho au sein de l’un des principaux syndicats français, la CFDT, qui demande au candidat de «montrer un peu d’empathie à l’égard des plus fragiles».

Le président socialiste François Hollande lui a déjà lancé une mise en garde mardi, estimant que le score historique du FN au premier tour (21,3%) ne devait pas être sous-estimé.

AFP

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