Echange de détenus en vue entre Paris et Téhéran, espoir pour Roland Marchal

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Téhéran coopère à la libération d’un détenu français en Iran alors que Paris a accepté de libérer un Iranien menacé d’extradition aux Etats-Unis, a indiqué vendredi l’Autorité judiciaire iranienne.

L’autorité judiciaire n’a pas précisé l’identité de la personne française détenue en Iran, mais tout laisse à penser qu’il pourrait s’agir de Roland Marchal, universitaire français détenu en Iran depuis juin 2019, tout comme sa compagne, l’anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah.

L’Iranien, pour lequel M. Marchal pourrait servir de monnaie d’échange, Jallal Rohollahnejad “a été remis en liberté aujourd’hui”, selon Mizan Online, l’agence officielle du pouvoir judiciaire iranien.

“Jalal Rohollahnejad, ingénieur iranien incarcéré depuis plus d’un an dans les prisons françaises et accusé d’avoir contourné des sanctions américaines contre l’Iran, a été remis en liberté aujourd’hui”, est-il précisé dans le texte.

La Cour de cassation française avait validé le 11 mars “la demande d’extradition de Rohollahnejad aux États-Unis, mais le gouvernement français l’a libéré, en changeant cette décision”.

“Compte tenu de la coopération du système judiciaire (iranien) en vue de libérer un détenu de la France en utilisant la réduction des peines, le gouvernement français” a libéré M. Rohollahnejad “dans un acte de coopération mutuelle”, ajoute Mizan.

La France demande depuis des mois la libération de Mme Adelkhah et M. Marchal, dont le procès s’est ouvert début mars.

– “Propagande contre le système” –

L’Iran a réalisé ces derniers mois plusieurs échanges de détenus, avec les Etats-Unis, l’Australie ou encore l’Allemagne.

Franco-iranienne, Mme Adelkhah chercheuse, comme M. Marchal, au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, n’est pas française aux yeux des autorités iraniennes, qui ne reconnaissent pas la double nationalité.

Spécialiste de l’Afrique, Roland Marchal, 64 ans, et Mme Adelkhah, 60 ans, anthropologue spécialiste du chiisme, sont tous deux accusés de “collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale”, un crime passible de deux à cinq ans de prison. La chercheuse est aussi poursuivie pour “propagande contre le système”.

A Paris, leur comité de soutien a toujours clamé leur innocence et réclamé leur libération immédiate, disant craindre pour leur vie en raison de leur état de santé.

Des inquiétudes qui se renforcées avec la propagation accélérée du nouveau coronavirus en Iran, un des pays les plus touchés au monde avec un bilan de 1.433 morts vendredi. L’épidémie est particulièrement redoutée en milieu carcéral.

Fariba Adelkhah a en outre été très affaiblie par une grève de la faim de 49 jours. Roland Marchal, en isolement quasi-complet, était pour sa part très affecté “mentalement et physiquement”, selon son avocat, qui n’était pas joignable vendredi soir.

– Prisonniers emblématiques –

A l’occasion de Norouz, le Nouvel An Iranien, célébré vendredi, Téhéran a libéré plusieurs prisonniers emblématiques

Un Américain détenu depuis au moins 2018, Michael White, a ainsi été libéré jeudi, officiellement pour “raisons médicales”, à condition qu’il reste dans le pays, dans un contexte de tensions américano-iraniennes accrues.

L’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, employée de la Fondation Thomson Reuters, a aussi obtenu mardi une permission de sortie temporaire de la prison de Téhéran où elle purge une peine de cinq de prison pour appels à la sédition qu’elle nie.

La France entretient des relations complexes avec l’Iran en raison de la crise du nucléaire iranien, Téhéran ayant commencé à se désengager de l’accord international conclu en 2015 pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique, en réaction au retrait des Etats-Unis du texte en 2018 et à la réintroduction de lourdes sanctions américaines.

Le président Emmanuel Macron a tenté en vain en 2019 d’organiser une rencontre entre ses homologues américain Donald Trump et iranien Hassan Rohani pour sauver l’accord.

La France a accru depuis la pression diplomatique, avec les deux autres pays européens signataires du texte, pour inciter l’Iran à revenir au respect de ses engagements.

Mais Paris, Londres et Berlin continuent aussi de tendre la main à Téhéran, quand Donald Trump a opté pour une stratégie de pression “maximale” sur Téhéran.

Les trois pays ont envoyé du matériel de protection contre le Covid-19 début mars à Téhéran en signe de solidarité avec ce pays en pleine pandémie.

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