Élections américaines: l’Amérique retient son souffle

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Donald Trump et Hillary Clinton ont engrangé mardi soir leurs premières victoires mais le sort des Etats-clés, Floride en tête, restait extrêmement incertain, laissant entier le suspense dans la course à la Maison Blanche.

Favorite des sondages, la démocrate de 69 ans espère devenir, un quart de siècle après l’élection de son mari Bill Clinton, la première femme présidente de l’histoire des Etats-Unis.

Plus de 200 millions d’Américains étaient appelés aux urnes pour choisir le successeur de Barack Obama, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier après huit années au pouvoir.

Mme Clinton l’a emporté dans le minuscule Vermont, dans l’Illinois, le New Jersey, le Maryland. Donald Trump dans une série d’Etats traditionnellement républicains (Indiana, Kentucky, Virginie occidentale, Caroline du Sud), selon les premiers résultats des chaînes de télévision américaines.

En Géorgie, Caroline du Nord, Virginie et Pennsylvanie, il était trop tôt pour avancer un pronostic.

La bataille en Floride s’annonçait extrêmement serrée en début de soirée, le scrutin devant se jouer à quelques centaines ou milliers de voix. Si le milliardaire populiste ne parvient pas à s’imposer dans le “Sunshine State”, il pourrait devoir dire adieu à ses rêves de présidence.

“Il est temps qu’une femme porte la culotte”, y lançait mardi Leonor Perez, 74 ans, en votant Clinton à Hialeah, près de Miami.

L’objectif des deux candidats: franchir le cap crucial des 270 grands électeurs, requis pour être élu.

Foule à Manhattan pour “Hillary”

Hillary Clinton est arrivée à New York en début de soirée, où elle affinera avec son équipe de “plumes” le discours qu’elle prononcera, quel que soit le verdict des urnes, dans un centre de conférences au toit de verre, le Javits Convention Center.

Le lieu était pris d’assaut par ses supporteurs, l?événement, au coeur de Manhattan, étant victime de son succès.

“C?est le chaos”, fulminait Matthew Thompson, 36 ans,venu avec son partenaire spécialement de La Nouvelle Orléans. “Je pourrais être chez moi où j?ai un écran plus grand”.

Ceux qui disposaient de meilleurs sésames suivaient, anxieux, les premiers résultats, diffusés sur des écrans branchés sur la chaîne CNN.

“J?espère qu’il y a plus d?Américains sains d?esprit que fous”, disait Sharon Jones, 50 ans, venue de Chicago. Et si Donald Trump l?emportait mardi soir ? “Il paraît que le Canada c?est très beau au printemps”, plaisantait-elle.

Donald Trump a prévu de regarder les résultats depuis l’imposante Trump Tower à Manhattan. Des supporteurs patientaient à proximité, portant des casquettes brodées de son slogan “rendre à l’Amérique sa grandeur”.

Wall Street, anticipant une victoire d’Hillary Clinton, a terminé en hausse mardi, pour la deuxième journée consécutive.

Le nom du vainqueur ne devrait pas être connu avant 03H00 GMT.

Les premiers sondages sortis des urnes montrent que les Américains n’aimaient ni Mme Clinton (54% en ont une opinion défavorable), ni M. Trump (64%), selon NBC. 64% pensent aussi que M. Trump n’a pas le caractère pour devenir président. Pour la plupart de ces électeurs, l’économie est le souci numéro un.

Obama joue au basket

La campagne, particulièrement violente, faite souvent d’attaques personnelles, a laissé un goût amer dans un pays plus que jamais divisé, et a accru la méfiance des Américains envers leur classe politique.

Donald Trump, qui espère un sursaut spectaculaire dans plusieurs Etats, a promis un “Brexit puissance trois”, référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l’Union européenne.

Donald Trump a été brièvement hué lorsqu’il est allé voter dans une école près de la tour Trump où il habite sur la Ve avenue de New York.

Hillary Clinton a voté avec son mari près de leur domicile de Chappaqua, en banlieue nord de la ville.

“Tellement de gens comptent sur le résultat de cette élection, ce que ça signifie pour notre pays, et je ferai de mon mieux si j’ai la chance de gagner aujourd’hui”, a-t-elle dit.

Barack Obama, qui avait déjà voté dans sa ville de Chicago, s’est lui adonné à un rituel qui touche à la superstition les jours d’élection: il est allé jouer au basket avec des amis.

Source : AFP

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