En Chine, les boîtes mystère s’arrachent à prix d’or

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Une boîte-surprise contenant une figurine à collectionner: après avoir fait fureur dans les années 80 au Japon, les “blind box” trouvent une seconde jeunesse en Chine, où s’arrachent ces jouets miniatures à l’effigie de mangas.

Sur le marché de l’occasion, une figurine rare — dans sa boîte d’origine non ouverte — peut facilement valoir plus de dix fois son prix de départ, compris généralement entre 10 et 20 dollars (8 à 16 euros environ).

A l’image des vignettes d’albums à collectionner, qui faisaient jadis un tabac dans les cours d’école, les “blind box” (littéralement “boîtes aveugles”) font aujourd’hui en Chine le bonheur de nostalgiques mais aussi… des jeunes branchés.

Dans la chambre de Wang Zhaoxue à Pékin, les étagères sont garnies de petites licornes et de personnages de dessins animés déguisés en clown.

Comme ses parents, l’étudiante en musique est passionnée par ces petites figurines.

Pour compléter sa collection, deux options s’offrent à elle: l’achat de nouvelles boîtes-surprises… dont le contenu est inconnu jusqu’à l’ouverture.

Ou encore fréquenter des groupes de fans — plus propices pour les échanges.

Les “Blind box” ont vu le jour au Japon dans les années 80.

Dépités par la surconsommation qui banalise les achats, ses créateurs souhaitaient à l’origine faire perdurer le sentiment d’excitation que l’on a en ouvrant un paquet cadeau.

La part de mystère qui entoure chaque boîte est précisément ce qui a rendu Mlle Wang accro.

– “Esprit de compétition” –

“Parfois on peut deviner ce qu’il y a dedans en secouant la boîte”, assure à l’AFP la jeune femme de 18 ans.

Sa mère, elle aussi fervente collectionneuse, expose fièrement des figurines au visage poupon devant la porte d’entrée de l’appartement familial.

De son côté, Liu Xiaoli, qui témoigne sous pseudonyme, collectionne les boîtes mystère depuis 2018. Elle en possède aujourd’hui plus de 200.

Cette trentenaire, qui travaille dans la publicité, est suivie sur les réseaux sociaux par des milliers d’abonnés avec lesquels elle partage en vidéo son excitation à chaque ouverture de boîte.

Parmi ses figurines préférées: celles à l’effigie de Molly.

Ce personnage aux yeux de biche est produit par Pop Mart, une firme basée à Pékin qui a levé l’an dernier 670 millions de dollars (553 millions d’euros) à la Bourse de Hong Kong, preuve de l’euphorie autour des jouets miniatures.

La concurrence entre collectionneurs est telle que les figurines les plus recherchées s’arrachent en un rien de temps… pour le plus grand bonheur des professionnels du secteur.

Selon le cabinet d’études Qianzhan Intelligence, le marché pourrait peser en Chine près de 4 milliards d’euros en 2024, après un quadruplement en cinq ans.

La raison du succès? “L’esprit de compétition” qui s’installe entre collectionneurs, estime l’analyste Steffi Noel, du cabinet Daxue Consulting à Shanghai.

Car seule une poignée de collectionneurs chanceux peut acquérir “les boîtes les plus spéciales”, relève-t-elle pour l’AFP.

Cet engouement s’apparente à la dépendance aux jeux d’argent, interdits en Chine, ont récemment mis en garde les médias du pays.

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