En Roumanie, le pape François à la rencontre de la minorité hongroise

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Le pape François doit célébrer samedi, au deuxième jour de sa visite en Roumanie orthodoxe, une messe géante dans un sanctuaire de Transylvanie, un événement perçu comme une reconnaissance de l’identité hongroise de cette région aux velléités autonomistes.

Le pape qui a souhaité voir “toutes les richesses ethniques, culturelles et religieuses” de Roumanie doit arriver en fin de matinée au sanctuaire marial de Sumuleu-Ciuc (centre-ouest) après avoir pris un avion, puis un hélicoptère, depuis Bucarest.

Quelque 200.000 personnes sont attendues dans ce haut lieu de pèlerinage pour les catholiques latins de langue hongroise où François célèbrera un service en plein air, qui constituera un des moments forts de son périple roumain.

La plupart des fidèles qui viendront l’écouter seront des Roumains de langue et de culture hongroises, à l’image de nombreux habitants de Transylvanie, un territoire rattaché tardivement à la Roumanie, après le démantèlement de l’empire des Habsbourg en 1918.

Un siècle plus tard, cette communauté cultive son particularisme et une certaine défiance vis-à-vis de l’Etat central de Bucarest et le pape, venu apporter son soutien aux minorités ethniques ou religieuses du pays, devrait une nouvelle fois appeler au respect de la diversité.

A la fin de la messe, le pape doit déposer une rose en or au pied de la Vierge en bois sculpté vénérée dans ce sanctuaire depuis 1567, une tradition pour tout souverain pontife qui se rend dans un sanctuaire marial.

– ‘Pas une ingérence’ –

Parmi les nombreux Hongrois qui franchiront la frontière pour venir écouter le chef de l’Eglise catholique se trouvera le président Janos Ader, qui viendra en simple pèlerin, ainsi qu’une délégation d’évêques.

Un représentant du gouvernement hongrois sera présent mais le premier ministre Viktor Orban ne fera pas le déplacement, a précisé le Vatican.

La Hongrie a débloqué 500.000 euros pour l’embellissement du sanctuaire où François célèbrera la messe, une “aide” et “pas une ingérence” dans les affaires roumaines, a précisé le gouvernement hongrois.

La Roumanie compte environ 1,2 million de résidents d’origine hongroise, soit 6,5% de la population du pays. La Transylvanie avait été rattachée à la Roumanie par le traité de Trianon qui, après la Première guerre mondiale, amputa la Hongrie des deux tiers de son territoire.

Bucarest reconnaît à cette minorité des droits culturels et linguistiques, notamment dans les écoles où l’enseignement se fait en hongrois et en roumain, mais rejette les revendications d’autonomie régionale portées par les plus radicaux.

En 2018, le chef de la diplomatie roumaine de l’époque Mihai Tudose avait provoqué l’ire des Hongrois de Transylvanie en menaçant de “pendre” ceux qui continueraient d’accrocher devant les institutions publiques le drapeau emblématique de la minorité hongroise.

Après la messe, le pape gagnera en hélicoptère Iasi (nord-est), où il visitera la cathédrale latine Sainte-Marie-Reine avant une rencontre avec les jeunes et les familles sur la place située devant le Palais de la culture de la capitale de la Moldavie roumaine, et centre culturel et artistique du pays.

Jean Paul II, dont le voyage en Roumanie en 1999 fut le premier d’un pape dans un grand pays orthodoxe, “aurait souhaité rencontrer la jeunesse lors de sa venue mais il n’avait pas pu le faire. Avec le pape François, c’est un peu une boucle qui se ferme après 20 ans”, a-t-on expliqué au Vatican.

Quelque 100.000 personnes, notamment des jeunes, sont attendues pour cette rencontre avec le pape François, qui rentrera à Bucarest dans la soirée.