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Enfants : doit-on limiter le temps d’écran à une heure par jour ?

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Enfants : doit-on limiter le temps d’écran à une heure par jour ?

Trop de temps passer à jouer aux vidéo, sur le téléphone ou devant la télévision serait lié à des niveaux plus élevés d’anxiété ou de dépression chez les enfants, selon une nouvelle étude. Et ce dès l’âge de 2 ans et à partir d’une heure par jour.

Une heure quotidienne. C’est la durée d’exposition aux écrans qu’il suffirait pour que les enfants et les adolescents commencent à perdre leur curiosité, à avoir moins de contrôle de soi, moins de stabilité émotionnelle et de plus grandes difficultés à terminer des tâches, selon un rapport publié ce mois-ci dans les Preventative Medicine Reports. Les chercheurs de l’Université d’État de San Diego et de l’Université de Géorgie (États-Unis) se sont penchés sur le lien entre le temps passé devant un écran et les diagnostics d’anxiété et de dépression chez les plus jeunes. Leurs résultats confirment de précédentes études, qui montraient que l’excès d’écrans rend les enfants plus dépressifs.

« Les recherches précédentes sur les associations entre le temps passé devant un écran et le bien-être psychologique des enfants et des adolescents étaient contradictoires, ce qui a amené certains chercheurs à s’interroger sur les limites du temps passé à l’écran suggérées par les organisations de médecins », déclarent dans leur étude la psychologue Jean Twenge et le professeur de psychologie Keith Campbell. La société canadienne de pédiatrie recommande par exemple de limiter, de 5 à 17 ans, le temps passé devant un écran à deux heures par jour. En France, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives conseille de s’appuyer sur la règle des 3-6-9-12, développée par Serge Tisseron.

Deux fois plus susceptibles d’être anxieux ou dépressif

À l’aide des données d’une enquête nationale américaine sur la santé des enfants de 2016, les chercheurs ont analysé un échantillon aléatoire de plus de 40 300 réponses d’enfants âgés de 2 à 17 ans. Ils ont découvert que les adolescents qui passaient plus de sept heures par jour devant des écrans étaient deux fois plus susceptibles de présenter un diagnostic d’anxiété ou de dépression que ceux qui n’y passaient qu’une heure. Une utilisation modérée des écrans, soit quatre heures par jour, était également associée à un bien-être psychologique inférieur. Parmi les adolescents âgés de 14 à 17 ans, 42,2 % de ceux qui y passaient plus de sept heures par jour ne terminaient pas leurs tâches, contre 16,6 % pour ceux y passant une heure.

Dans l’ensemble, l’association entre le temps passé devant un smartphone, une tablette ou la télévision et le bien-être étaient plus importants chez les adolescents que chez les jeunes enfants. Selon les chercheurs, cela s’explique par le fait les adolescents consulteraient davantage les médias sociaux. D’autres recherches ont montré que cette activité est plus étroitement liée à un niveau de bien-être faible que regarder la télévision ou des vidéos, expliquent-ils.

Jean Twenge et Keith Campbell insiste enfin sur la prévention. « La moitié des problèmes de santé mentale se développent à l’adolescence, s’inquiètent-ils dans leur rapport. Il est donc absolument nécessaire d’identifier les facteurs liés aux problèmes de santé mentale susceptibles d’intervention dans cette population, car la plupart des antécédents sont difficiles, voire impossibles à influencer. » Cette année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé d’inclure les troubles liés aux jeux vidéo  dans sa 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). L’addiction est ainsi désormais classée dans la catégorie « maladie ». Elle invite à « l’attention accrue des professionnels de la santé sur les risques de développement de ce trouble ».

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