Etienne Daho traumatisé par les rumeurs de sida : “Ça m’a beaucoup marqué”

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C’est une rumeur qui lui colle à la peau. Alors qu’Etienne Daho défendait médiatiquement son nouvel album Eden en 1996, le chanteur a dû faire face à de terribles bruits de couloirs, le désignant comme étant atteint du virus du sida. Cette histoire a beau être vieille de vingt-trois années, l’interprète de Week-end à Rome ne parvient pas à l’oublier. “La promotion a été très difficile, raconte-t-il dans les colonnes du magazine Têtu. Je me souviens de ce Nulle part ailleurs où chaque personne qui arrivait sur le plateau me disait quelque chose de dégueulasse. Il y avait un climat d’échec, alors que ça n’en était pourtant pas un, les ventes étant assez bonnes. C’était comme si on profitait du fait que les critiques soient, cette fois-ci, partagées, pour être hostiles envers moi. Ça m’a beaucoup marqué.”

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Eden avait effectivement fait un joli score puisqu’il avait valu à Etienne Daho un disque d’or en 1997 – après trois disques de platine, ce qui peut expliquer la confusion. Il avait collaborait avec Elli Medeiros sur les titres Rendez-vous au jardin des plaisirs et Me Manquer. Et s’il avait fait le choix de ne pas s’exprimer à propos de son état de santé, c’était simplement par pudeur et par classe. “Je n’allais pas prendre un clairon pour hurler que, non, je n’étais pas malade, poursuit-il. Non seulement pour éviter de faire de l’ombre au disque, mais aussi par respect et solidarité pour mes amis qui n’avaient pas eu cette chance… Résultat, la rumeur a duré quelques années.

Il y a encore des gens qui disent : “Tu es en forme, malgré tout !”

Etienne Daho a toujours été concerné par cette lutte, ce qui l’a hélas désigné comme victime idéale de cette rumeur. En 1992, il avait produit un album caritatif intitulé Urgence : 27 artistes pour la recherche contre le sida. Un projet qui avait eu du mal à voir le jour à cause des appréhensions de ses collègues. “Il y avait une telle omerta autour de la maladie que nombre d’artistes ont refusé d’y participer, par crainte d’être associés à ce fléau, expliquait-il. Je m’en suis pris plein la gueule, mais j’avais une obligation morale de produire ce disque. Suite à quoi, les gens ont commencé à dire : ‘Si la question le préoccupe tant, c’est qu’il est beaucoup plus concerné qu’il ne veut bien l’admettre.'” Est-ce que, des décennies plus tard, Etienne Daho est hors de portée de ces stupidités ? Pas vraiment. “Il y a encore des gens qui disent : ‘Tu es en forme, malgré tout !‘ conclut-il dans Têtu. Mieux vaut tenter d’en rire…