Explosions à Beyrouth : Mika “dévasté par l’apocalypse”, entre colère et espoir

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Les chiffres permettent de se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Mardi 4 août 2020, deux explosions ont ravagé le port de Beyrouth, au Liban, et ses environs. Un cratère de 43 mètres de profondeur a été engendré et ce sont plus de 150 morts, 6 000 blessés et des dizaines de personnes portées disparues qui sont recensés. Cette tragique double explosion aurait été provoquée par la présence d’une cargaison de nitrate d’ammonium stockée depuis six ans et “sans mesures de précaution” dans le port. Le Premier ministre, Hassan Diab, a décrété mercredi jour de deuil national. Depuis, le monde entier pense au Liban et à sa capitale.

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Les célébrités sont nombreuses à avoir rendu hommage à cette ville où des quartiers entiers ont été dévastés, notamment Mika. Le chanteur est particulièrement touché par ce drame, lui qui est né à Beyrouth en 1983, d’une mère libanaise et d’un père américain. Le jour des explosions, il prenait la parole sur Twitter et faisait part de sa “souffrance atroce“. Ce dimanche 9 août, cinq jours plus tard, il est à l’honneur dans le JDD, à qui il a transmis un texte, tout comme au quotidien libanais L’Orient-Le Jour, au Sunday Times britannique et au journal italien Corriere Della Sera. Un texte à travers lequel il s’adresse à son premier pays et surtout à Beyrouth.

Il y exprime tout son chagrin face à la catastrophe. “Je me sens à la fois si près et si loin de toi. Si près de toi, dévasté par l’apocalypse, je ne cesse de regarder sidéré les visages martyrs de mes frères et soeurs. (…) Je ne cesse d’imaginer le bruit assourdissant des deux déflagrations qui ne quittent plus les Beyrouthins. Les cris des familles endeuillées et des victimes hébétées se mélangent aux sirènes hurlantes des ambulances au coeur de la nuit. On m’a aussi raconté au téléphone ce silence au petit matin, l’odeur qui se dégageait des ruines fumantes.

Après l’obscurité viendra l’aube

Après la tristesse, vient la colère et l’incompréhension. Mika se remémore même le triste passé du Liban, toujours affecté par la guerre civile qui s’est déroulée entre 1975 à 1990. “Comment ne pas voir dans ces deux explosions le symbole d’un système qui éclate. Comment ne pas entendre le fracas des bombes qui semaient la mort dans tes rues encore marquées par les stigmates de la guerre. Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, promet que les responsables devront ‘rendre des comptes’. Mais les responsables de qui ? de quoi ? Les responsables de trente ans d’agonie qui ont fait du pays du Cèdre le pays des cendres.”

Malgré tout, Mika veut croire en la possibilité de voir naître un avenir meilleur de ces explosions. Pour conclure ce texte vibrant, l’artiste de 36 ans livre une note d’espoir. “Après l’obscurité viendra l’aube. Je connais ta résilience, ta force, ta solidarité, qui se nourrissent du mélange des cultures, de cette place si particulière à mi-chemin entre le monde arabe et l’Europe. Demain, tu te relèveras comme tu l’as toujours fait. La musique résonnera à nouveau depuis tes fenêtres, les corps danseront sur tes terrasses, les parfums s’échapperont de tes cuisines. Je serai là“, promet-il.