“Extrême-Orient-Express”: Kim sur les traces de son père jusqu’à Vladivostok

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Tout sourire, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un est monté mercredi matin à bord d’un de ses emblématiques trains vert olive pour gagner comme son père par le rail la frontière russe en vue d’un sommet à Vladivostok avec le président russe Vladimir Poutine.

Des photos diffusées par l’agence nord-coréenne KCNA l’ont montré passant en revue une garde d’honneur et saluant des responsables en costume noir, avant d’entamer son périple, alors qu’il faisait toujours nuit.

C’est la quatrième fois que M. Kim opte pour le train pour voyager à l’étranger.

Mais ce voyage à destination de la frontière russe, dont on ignore où il a débuté, n’a duré “que” neuf heures. Ce qui n’est rien au regard de son odyssée de deux jours et demi en février pour le sommet de Hanoï avec le président américain Vladimir Poutine qui s’était soldé par un retentissant échec.

L’écartement des rails est différent en Corée du Nord et en Russie, mais le tronçon entre le port nord-coréen de Rason et la localité frontalière russe de Khassan compte les deux types de rails pour permettre aux trains des deux pays de l’emprunter.

Le goût du rail est un trait de famille dans la dynastie des Kim puisque le grand-père et le père de Kim Jong Un étaient eux-même adeptes des voyages en train.

Kim Jong Il, au pouvoir entre 1994 et 2011, avait, dit-on, une phobie de l’avion et utilisa le train pour ses sept voyages en Chine et ses trois déplacements en Russie. Il se rendit d’ailleurs lui aussi à Vladivostok en 2002, pour y rencontrer M. Poutine.

En 2001, le rail l’emmena jusque Moscou, soit 20.000 kilomètres aller-retour. En 2011, il se rendit dans la ville sibérienne d’Ulan-Ude, où il rencontra le président Dmitri Medvedev.

Le régime nord-coréen compte vraisemblablement plusieurs trains presque identiques, d’un vert olive barré d’un liseré jaune. Ils sont fabriqués dans une usine de Pyongyang.

Ils comptent généralement deux locomotives et entre 17 et 21 voitures. Ils ne roulent pas à plus de 60 km/h et transporteraient des véhicules blindés et de petits hélicoptères, en cas d’urgence.

Les wagons utilisés par Kim Jong Il -doté d’un bureau avec un ordinateur Macintosh- et par son père et prédécesseur -le fondateur du régime Kim Il Sung- sont aujourd’hui exposés au palais Kumsusan où reposent leurs dépouilles.

Depuis mars 2018, Kim Jong Un a réalisé quatre voyages en Chine, un au Vietnam au cours duquel il a aussi traversé la Chine et un à Singapour. Il a aussi brièvement franchi la ligne de démarcation avec le Sud lors du sommet du 27 avril 2018 avec le président sud-coréen Moon Jae-in dans la Zone démilitarisée (DMZ).

Il a pris trois fois l’avion, deux fois pour se rendre en Chine et quand il est allé à Singapour en juin.