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Formation et assurance chômage: Matignon précise la méthode

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Formation et assurance chômage: Matignon précise la méthode

Une négociation pour la formation professionnelle, une réunion multilatérale pour l’assurance chômage et une concertation pour l’apprentissage: le gouvernement a précisé mardi le calendrier et la méthode de ses nouvelles réformes sociales, qui doivent aboutir à un projet de loi en avril.

Après l’Elysée la semaine dernière, Matignon a pris le relais mardi en recevant les partenaires sociaux, jusqu’à jeudi. Le Premier ministre s’exprimera “dans les jours qui suivront”, “à l’oral ou à l’écrit”, pour fixer “une feuille de route méthodologique” de la suite des concertations, notamment le calendrier.

Selon les partenaires sociaux reçus mardi matin, l’exécutif s’est engagé auprès d’eux à laisser syndicats et patronat négocier entre eux sur la formation professionnelle, alors que certains syndicats critiquaient la méthode d’élaboration des ordonnances, qui n’avait donné lieu cet été qu’à une série de rencontres bilatérales. Un “geste” à relativiser, car la loi impose à l’Etat de proposer aux partenaires sociaux de négocier sur ce sujet.

Matignon a également entendu la demande de la CFDT, qui souhaite une première réunion multilatérale, entre le gouvernement et les partenaires sociaux, pour l’assurance chômage, et pas uniquement des réunions bilatérales.

“On est plutôt satisfaits. Nous, ce qu’on veut, c’est le dialogue, c’est être concertés, c’est prendre la main quand c’est de notre domaine”, s’est félicité Philippe Louis (CFTC), à sa sortie de Matignon.

“Nous, on croit ce qu’on voit. On attend de voir comment ça va se passer”, a de son côté réagi, prudent, Philippe Martinez (CGT).

Jean-Claude Mailly, son homologue de FO, a précisé que la concertation sur l’apprentissage démarrerait dès “fin octobre”. Puis “la première semaine de novembre”, le gouvernement donnera un document d’orientation sur la formation professionnelle, à l’élaboration duquel seront associées les régions.

Les rencontres à Matignon se tiennent en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud et du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, partie prenante notamment sur l’apprentissage, le volet le plus consensuel de ces réformes, qui visent à donner davantage de protection aux salariés, après avoir offert plus de flexibilité à l’entreprise avec les ordonnances. A compter de vendredi, les consultations se poursuivront au ministère du Travail.

– ‘Politique libérale’ –

Doivent encore être reçues la CFDT, la CFE-CGC, l’Unsa, mais aussi, côté patronal le Medef, la CPME, l’U2P ou encore la FNSEA, ainsi que les régions.

Ce ballet se télescopera jeudi avec une manifestation à l’appel de la CGT et de Solidaires, la troisième depuis la rentrée contre la réforme du droit du travail.

“Pour nous, les ordonnances travail sont toujours au premier plan”, a expliqué Eric Beynel (Solidaires). Il ne se fait “pas d’illusions” sur la réforme en cours, qui va s’inscrire dans une logique de “politique libérale”.

Le gouvernement veut aboutir à un projet de loi déposé en avril et adopté l’été prochain.

La réforme de l’assurance chômage cristallise le plus de craintes. Emmanuel Macron a promis d’ouvrir le régime sous conditions aux démissionnaires – il est déjà possible de le faire dans certains cas – et aux indépendants.

Pour les démissionnaires, le président de la République a fixé dimanche un nouveau critère, le fait d’avoir “un projet”. Ce droit à indemnisation serait utilisable tous les “5, 6, 7 ans”.

Les syndicats craignent toutefois que cette ouverture n’entraîne une baisse des droits pour l’ensemble des allocataires, mais l’exécutif se veut rassurant. “Le Premier ministre m’a confirmé ce qu’a dit le président de la République la semaine dernière: il n’y a pas de diminution de droits à indemnisation des demandeurs d’emploi”, a assuré M. Mailly.

En contrepartie des nouveaux droits, les contrôles visant les chômeurs doivent être “renforcés”, a prévenu Emmanuel Macron, expliquant viser les “multirécidivistes du refus”.

Autre sujet scruté de près par le patronat: l’instauration d’un “bonus-malus”, promis par le président lors de la campagne, qui pénaliserait les entreprises ayant trop recours aux contrats courts, comme le secteur de l’hôtellerie-restauration.

Une idée poussée par FO, mais que Pierre Gattaz (Medef) a qualifiée mardi d'”absurdité”, estimant que “taxer” créait “du chômage”. La CGT rejette l’idée d’un “bonus”, estimant que les entreprises bénéficient “déjà de beaucoup d’aides”, a prévenu M. Martinez.

AFP

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